image
image
image

Votre IP : 35.175.190.77
Dernier ajout : 13 décembre
Visiteurs connectés : 14

image Conception
Développé sous SPIP
Informations légales

image
image
Recherche image

Pratiques et Techniques de la Plaisance

image

Accueil du site > Forum technique > Le grand voyage -forum- > Les courants dans le détroit de Gibraltar

Rubrique : Le grand voyage -forum-

__________________________________________________________________________________________________________________

Les courants dans le détroit de GibraltarVersion imprimable de cet article Version imprimable

Publié Septembre 2013, (màj Septembre 2013) par : Zakouski  image   

Copyright : Les articles sont la propriété de leurs auteurs et ne peuvent pas être reproduits en partie ou totalité sans leur accord
S'identifier pour s'abonner par mail Inscrit aux forum vous pourriez transmettre cette page à un ami plaisancier

Mots-clés secondaires: geolocaliser Cet article est géolocalisé.

Nous avons passé le détroit de Gibraltar d’est en ouest dans la nuit du 23 au 24 Septembre 2013, de la Linea à Cadix.
Nois avons voulu profiter d’une toute petite fenêtre favorable , aprés deux à trois jours de vent d’est fort dans le détroit (20 à 30 noeuds d’est), est mollissant la nuit du 23 au 24 force 5 à 4.
A partir du 24 les prévisions donnaient un vent d’ouest faible avec une houle d’ouest de un métre.

PM de Gibraltar le 23 à 18h30, heures locales . Le 24 à 7 h du matin, heures locales.
Pour les courants nous avons utilisé la carte suivante :
http://argonaute-expedition.pagespe...

Nous avons donc quitté la Linea à 20h30 pour se présenter à 22h30, soit PM +4 à la sortie de la baie d’Algésiras.
Vent arriére, nous avons fait de nombreux empannages, naviguant entre le bord du rail et un mile nautique de la côte.
A notre surprise, nous avons eu les courants contre nous (portant vers l’est) en PM+4, PM + 5, PM + 6, trés forts 3,3 noueds à PM + 5 et 6.
S’inversant en PM-5, puis portant à l’ouest en Pm-4, Pm-3, PM-2, PM-1,
puis à nouveau portant à l’est en PM, Pm+ 1, PM +2, PM + 3, PM + 4.
Arrivée à Cadix vers 12h30, dans la marina puerto America.
On a avalé (grâce au vent, et malgré les courants), 87 miles nautiques en 16h.

Les courants n’ont pas du tout du tout correspondu aux cartes.
Cherchez l’erreur ! On aime bien comprendre où on s’est planté.
Avec des vents plus forts, celà aurait pu être beaucoup plus agité.

La cerise sur le gâteau : à signaler pour les passages de nuit, entre Barbate et Cadix, de trés nombreux filets (dérivants) mis en place par les pêcheurs de deux à 5 miles de la côte, éclairés à un bout flashing et l’autre bout fixe. On voit d’ailleurs sortir tous les soirs de Cadix des bateaux de pêche tirant une petite barque.

Si quelqu’un a une explication , trouve une erreur, ou a déjà rencontré un tel phénomène, on est preneurs.

Flores. En stand by à Cadix le 26 septembre.

UP


Répondre à cet article
(pour répondre à un message en particulier, voir plus bas dans le fil)

9 Messages de forum

__________________________________________________________________________________________________________________

__________________________________________________________________________________________________________________

  • 28 septembre 2013 13:34, par yvesD écrire     UP Animateur

    Quelques tentatives d’explications de cette réalité observée, explications qui tournent autour des courant quasi-permanent .vs. courants de marée :

    • Dans de nombreux détroits un vent persistant pendant plusieurs jours dans une direction donnée peut, lorsqu’il tombe, donner naissance à un courant de direction opposée, un peu comme si le vent avait vidé le bassin au vent, bassin dont le niveau se ré-équilibre lorsque le vent cesse. On trouve ce phénomène également dans les bouches (détroit) de Bonifaccio où, après un coup de mistral, le courant porte alors vers l’ouest. On le trouve également à proximité de grands caps.
      Ces phénomènes sont alors décrits dans les instructions nautiques.
    • Le courant général de surface (150 à 200m d’épais) dans le détroit porte à l’est, pour compenser le déficit d’eau de la méditérrannée qui s’évapore plus vite que l’atlantique (30cm de différence de hauteur aux abords du détroit)
    • comme toujours, il y a des courants contraires, souvent au voisinage des côtes et dans les zones de plus grand frottements, et au fond du détroit, générateurs de tourbillons (eddies) qui persistent jusque dans l’atlantique et qui sont utilisés par les sous marins pour se masquer.

    Le Imray (Costa del Sol) précise « there is a constant East going surface current of 1 to 2 knots, passing in to the mediterranean through the straigth of Gibraltar between the costa del sol and the african coast to replace water loast by evaporation » et aussi « there is usually an east going current along the coas. It can be as much as 2-3 knots at the western end and slackens toward the east .... »

    Le SHOM (IN-D1 ed. 2002) est beaucoup plus complet sur ce sujet, il précise (§1.0.2.2) en particulier « les courants permanents ... se composent avec les courants de marée ... Dans la couche superficielle, les courants résultants peuvent en outre être altérés par l’action des vents violents qui soufflent occasionnellement dans cette région. Il en résulte que les vitesses des courants de surface ... ne sont prévisibles que de façon très approximative. Dans la bande côtière près de chaque bord, par profondeur de moins de 35m, le courant permanent de surface ou près de la surface est faible ou nul ». Il précise (1.0.2.3) « la répartition n’est pas homogène dans la largeur ... aux environs de la PM le courant atteint sa vitesse maximale le long des côtes alors que l’étale se produit dans la partie axiale ... » et il décrit (! 1.0.2.4) le risque de raz de courant « ...ils se produisent généralement aux abords des pointes avancées et des hauts fonds qui les prolongent ou s’en détachent ... apparaissent sans signe précurseur sous la forme d’un bouillonnement accompagné d’un fort clapotis souvent déferlant. Ils peuvent être dangereux pour les petits navires lorsqu’ils se composent avec la mer formée par des vents d’Est frais. Les ras de courant atteignent généralement leur force maximale aux environs de l’heure de la mi-marée ... »

    Les tableaux du SHOM confirment cette très grande variabilité des courants moyens avec l’éloignement de la cote. Et ton expérience suggère que le courant lié à la fin de vent d’Est a perturbé considérablement ces prévisions de courants moyens, surtout autour de PM+5 et +6
    Et en plus c’était des très forts coeff.

    Répondre à ce message

  • 28 septembre 2013 15:08, par Zakouski écrire     UP  image

    Merci pour ces explications trés claires. Mais alors aprés plusieurs jours de vents d’ouest dans Gibraltar, le phénomène n’est pas le même dans l’autre sens.

    Tout celà semble trés difficile à prévoir.
    D’un point de vue opérationnel, qu’en déduire ? Prudence au passage des détroits aprés une période de forts vents dans un sens ?
    En cette saison, difficile de faire autrement, le régime du détroit semble être une claque dans un sens, suivi d’une claque dans l’autre sens. La tentation est forte de vouloir se glisser entre deux claques ....
    Flores.

    Répondre à ce message

    • 28 septembre 2013 18:33, par yvesD écrire     UP     Ce message répond à ... Animateur

      après un fort et long vent d’ouest on peu espérer une diminution (pas une annulation) du courant dominant d’Est, courant de pente, et peut-être une mer moins achée, adoucie même lorsque vent et coyurant porte dans la même direction, bien sur.

      Qu’en déduire : qu’au passage de tout cap/détroit il faut toujours s’attendre à ... surtout si ...
      Un cap ,surtout en med, c’est toujours délicat, toujours une zone de transition/opposition

      Et bien sur difficile de faire autrement. Peut-être un espoir qu’une lecture très attentive des instructions nautiques permette d’identifier des gouttes à passe entre, il es rare qu’en méditerrannée les champs soit homogènes (dit autrement, ça regorge de particularisme locaux). Dans le cas prècis, ça sera la proximité de la côte par fond de moins de 35m en espérrant ne pas trop toucher les raz de courant et les effets de cap, et peut-être s’écarter / se rapprocher de la côte en fonction du sens du courant de marée.

      Mais bon, bien au sec, c’est plus facile.

      Répondre à ce message

  • 28 septembre 2013 19:49, par gadloo écrire     UP

    Gibraltar, passé 2 fois, reste un cauchemar près de 35 ans après.

    Il est vrai que sur ce fier ketch de 1929 (17 mètres, quand même !) que nous avions payé peu cher car en mauvais état, et en raclant le fond de nos poches à s’en péter les ongles, seules les banettes et la pompe de cale (à main) marchait correctement, les premières aidant à se reposer de la seconde !

    Et heureusement pour la pompe car une membrure très fatiguée à l’avant bâbord aidait à lester le bateau en permanence surtout quand nous étions bâbord amure.
    Le pompage était permanent, nous étions 10 à bord et nous nous relayions toutes les 15 minutes .
    C’est d’ailleurs depuis ce voyage que je suis devenu meilleur à la pompe de cale qu’à la godille.

    Ajoutez à ça qu’on avait des batteries très faibles et que, de nuit, nous naviguions sans feu ce qui nous a causé quelques belles frayeurs en croisant la route des cargos dont un était passé à moins de 50 mètres de la poupe !
    J’étais de quart à ce moment-là et c’est en me retournant sur cette ombre énorme de tôle noire que j’ai enfin réalisé d’où venait ce grondement sourd de moteur que j’entendais depuis 1/4 d’heure. :-O

    A ce moment-là, il n’y avait pas plus d’internet pour consulter les document d’Argonaute-expédition ou ceux du SHOM qu’il n’y avait de pognon pour acheter les documents papier.
    Donc, on est parti en sifflotant fièrement après avoir brièvement discuté sur le port de Gib avec quelques marins ou, du moins, supposés tels.
    J’admets que c’était sans doute très insuffisant ! :-)

    Dans nos pauvres têtes de post-adolescents, malgré tout dotées d’un peu de logique, on était parti de Gib à l’étal de PM, pensant que le jusant allait nous aider à aller vers l’ouest.
    On se disait qu’au flot l’Atlantique remplissait la Med et qu’au jusant la Med se vidait dans l’océan.
    On a réalisé un peu tard et avec stupéfaction que c’était le contraire.
    Du coup, on avait mis près de 30 heures pour faire le trajet Gib-Tanger.
    Une explication ?

    Répondre à ce message

    • 28 septembre 2013 21:11, par yoruk écrire     UP     Ce message répond à ... Animateur

      Une explication ?

      Oh oui une explication : il ne faut jamais briser les rêves

      Michel à Datça ; en plein rêve, si ; si...

      Répondre à ce message

      • 28 septembre 2013 21:21, par yoruk écrire     UP     Ce message répond à ... Animateur

        Un peu hors sujet, mais Yves c’est trop… là ce que tu nous écris sur les pompes de cales… Florès (Zakouski) qui connait bien la Turquie et les marins turcs, l’aura aussi relevé…

        Sur ces Gulets turques, le principe est simple… il peut rentrer de l’eau… pas grave… ce qui est important, c’est qu’il en ressorte autant !!!
        Michel

        Répondre à ce message

        • Il a raison de rappeler que dans l’ancien temps, on n’essayait pas de tout savoir et tout maîtriser, le changement d’heure de la marée, ni la renverse de vent, ni l’heure d’arrivée. On arrivait quand on pouvait et Inch Allah.
          Mais les moyens de naviguer et la façon ont bien évolué ...

          Répondre à ce message

        • Après tout, il y a prescription ...

          Faut dire aussi qu’on était chargé. (Au sens propre du terme, hein !).

          Les derniers billets que nous avions en poche avant de partir nous avaient servi à payer un stock d’environ 400 bouteilles de whisky bas de gamme achetées, bien sûr, à Gib en free taxe et réparties un peu partout dans le bateau.
          Le but de cet achat conséquent n’était pas de nous aider à oublier à chaque coup de pompe de cale que ce bateau était une galère.
          Cette idée business de génie devait nous permettre, à Tanger, de troquer cette eau de feu contre du matériel et du gaz-oil.
          On était parti de Gib avec 10 litres de GO seulement.
          De quoi assurer quelques manoeuvres de port bien optimisées, rien de plus, et sous réserve d’avoir suffisamment de jus dans le circuit unique de batteries car il en fallait beaucoup pour démarrer ce moteur récalcitrant.

          Les 15 premières bouteilles ont été données très affectueusement à deux douaniers qui avaient contrôlé les papiers du bateau le jour de notre arrivée et qui avaient pris l’habitude de nous rendre visite une fois par jour « par amitié ».
          Ils se montraient de plus en plus intéressés par l’architecture du rafiot notamment concernant la solidité du plancher et des varangues !

          Les choses se sont faites en douceur sur une semaine.
          D’abord, on a compris qu’ils se doutaient de quelque chose.
          Puis nous avons regroupé avec beaucoup de difficultés nos compétences approximatives en matière de psychologie humaine afin de définir une stratégie complexe mais redoutable pour leur faire comprendre qu’on savait qu’ils savaient.
          Il ne restait plus qu’à poser délicatement les bases saines d’une négociation honorable pour les deux parties. B-)

          Répondre à ce message

Répondre à cet article

UP

Copyright et informations légales