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Accueil du site > Littérature maritime > Les Beligoudins - aventures du capitaine Kerdubon > Les joyeux campeurs - chap 7

Rubrique : Les Beligoudins - aventures du capitaine Kerdubon

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Les joyeux campeurs - chap 7Version imprimable de cet article Version imprimable

Publié 30 mai, (màj 28 mai) par : Collectif Salacia   

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Mots-clés secondaires: Traditions_cultures

NDLR : merci à “Kerdubon” capitaine, marin, conteur et explorateur...

Vers la table des chapitres

7 - Les joyeux campeurs 1983


Marinant dans Zea-marina, on sympathisa avec le yacht Israélien « Eroïka »…qu’on rebaptisa… Erotika... vu que les propriétaires fort amoureux, agitaient très souvent leur petit voilier… sur un rythme ne pouvant tromper. Les toilettes extravagantes, le maquillage en rapport et l’allure générale de notre voisine étaient pour le moins… surprenant, quant au brave gars sympathique… il nous rappelait un peu le copain espion Juif de Malte… par son humour et ses réparties amusantes. Je me disais que… après tout, même un espion a bien droit de temps en temps au repos du guerrier !

L’expert

  • Bien le bonjour Monsieur l’expert !... Je vous attendais avec impatience !
    L’homme qui avait du passer une bonne soirée aux frais de la Princesse peut-être dans le quartier de La Plaka… ou ailleurs, était muet et glacial. Il répondit à peine du bout des lèvres… un vague bonjour… couvert par un fracas de vaisselle s’écroulant à bord de l’ « Eroïka » voisin, qui se balançait de tribord sur bâbord dans un rythme effréné.
    L’assureur avait la pâleur caractéristique des lendemains qui déchantent…lorsque le Metaxa (Cognac Grec) s’en prend au foie. Il fit rapidement le tour du pont du « Béligou ».
  • Vous voyez comme l’arrière est enfoncé, et vous constaterez que c’est de la bonne construction, rien n’a pété, pas de risque d’entrée d’eau !

Le type ne baissa même pas son regard sur la partie accidentée… et repartit en omettant de dire « au revoir ! » Sa visite avait duré 3 minutes.

Quelques jours après, étant sans nouvelles, j’ai téléphoné au siège de l’assurance à Paris. Ayant fini par avoir le parfumeur de tabourets qui avait mon dossier en main, j’attendais une bonne nouvelle.

  • Monsieur… dit-il sans ambages… Nous n’allons RIEN vous rembourser et si vous insistez nous allons procéder légalement en justice, pour dire… que vous avez fait une « fausse déclaration à l’assurance », car notre expert venu exprès, a constaté que la valeur de votre voilier était bien supérieure à celle que vous aviez déclarée !

Le téléphone fuma entre Athènes et La Rochelle lorsque j’eus mon assureur local en ligne…

  • Nous avons fait le contrat ensemble !... C’est VOUS qui avez estimé le voilier pour sa valeur à assurer !... Alors donc quoi-t’est-ce ?... nom d’une pipe !
    • Faites réparer pour naviguer !... A votre retour, je vous garantis le remboursement !

Perama
L’oiseau fut tiré au sec à Pérama, le chantier lui coupa carrément le cul pour en souder un autre, avec polissage, enduit peinture de protection aux époxy et tout le toutim…Vers la fin de Juillet, deux semaines après, il était comme neuf avec sa peinture de finition bleu nuit refaite, il pouvait reprendre son envol pour continuer le voyage.

Les ouvriers du chantier n’appréciant pas qu’on leur crache dans les mains, nous sommes partis en exploration le temps des réparations.
On commença par le micro cosmos autour de nous. D’abord, dans ce petit monde, on avait suivi les injonctions de la chanson de corps de garde qui dit : « Visitez le Musée d’Athènes… vous y verrez… »... On n’y vit pas les roustons du père Platon… mais on ne fut pas déçus. Poursuivant sur notre lancée, on suivit alors mes propres injonctions :

  • Montons voir les dessous de la grosse Paule… et le dessus d’Athènes !... L’Acropole fut… à la hauteur… si l’on peut dire. Dans le théâtre de Dionysos, une troupe de comédiens répétait un drame antique. Il ne manquait que les masques et les drapés des costumes. voir note [1]

Le« garage »
Quant à la ville, la température y frôlait les 40 degrés et un nuage de pollution la recouvrait… Circulez, rien à voir !
Le soir venu, on rentrait à bord pour la messe, puis nous allions dîner au… garage après quelques essais dans d’autres gargotes.
Ce restaurant sans enseigne s’était établi dans un ancien garage. Une famille de mécaniciens s’était reconvertie en… cuisiniers. Seuls des Grecs familiers et habitués généralement du quartier connaissaient l’endroit.
Notre fine équipe attirée par la musique, est entrée là, par hasard, un soir qu’elle cherchait une taverna,… car dans ce restau, chacun pouvait saisir une guitare ou un bouzouki et distraire l’assemblée pendant cinq minutes. La nuit bien avancée, il y avait des amateurs virtuoses… et la fête commençait sérieusement pour tous. Un soir, on tomba en plein… repas de noces !... Immédiatement on fut invité. Quelle soirée !... Elle finit avec le petit jour lors de la disparition des époux !
Les tauliers étaient bien sûr au courant de nos avatars. Au bout de quelques jours, nous étions… comme leurs amis, et nous aimions traîner dans la cuisine pour discuter, et même échanger des recettes avec les maîtres queues, qui avaient peut-être été moins doués… en mécanique.
Improvisé traducteur j’avais du mal maîtriser les poids et mesures… car la reconstitution ultérieure de ces recettes… n’avait pas la saveur retzinée, ni les épices… du jardinet attenant au garage. Même la salade Grecque, la base de tout, paraissait fade !... Et pourtant la féta venait bien d’une barrique de bois garantie Grecque.

  • Sans doute que le secret est dans l’huile… les cuistots du garage doivent avoir en réserve un peu d’huile de… vidange, qu’ils savent doser parfaitement… avec l’huile d’olive !

Les Thermophiles, sur la route des Météores
Le camping car de Michel promu annexe du « Béligou », prit la route des Météores, loin de l’Egée. Habitué à humer les senteurs d’herbiers salins allais-je résister aux odeurs d’herbe campagnarde de la Grèce profonde ? N’allais-je pas m’allergiser aux parfums à base de thym, romarin, laurier et autres plantes aromatiques si utiles en cuisine Méditerranéenne ? En cas de malheur et d’éternuements intempestifs avec déploiement du grand mouchoir à carreaux et corne de brume nasale, il y avait heureusement dans tout village traversé, l’antidote aux deux composants magiques : retzina et ouzo !

Quittant l’Attique par la route côtière on entra en Thessalie. Partant ensuite de Volos, on fit le tour de la presqu’île du Mont Pelion, par des routes accidentées qui offraient à chaque détour, des paysages magnifiques et des cerisiers surchargés.
Aux Thermophiles, on rendit hommage à Léonidas et ses Pallicares, qui firent… chocolat les Perses, avant de passer à la casserole.

Les Météores
Rendus dans les Météores, Il fallut plusieurs jours à notre équipe Béligoudienne pour monter les kilomètres d’escaliers aux marches taillées dans la pierre dure des pains de sucre, afin de visiter les différents monastères dont aucun ne se ressemble.
Quelques moines et popes à l’odeur de sainteté bien particulière aux ermites disposant de peu de flotte... sauf d’eau bénite... étaient fidèles gardiens des lieux hauts perchés pour avertir à temps les mécréants du bas, au cas où le ciel leur tomberait sur la tête. Ils nous reçurent avec gentillesse, Madame ayant pris bien soin de dissimuler ses appâts... cadeau de Satan mais fort appréciés du diable que je suis !


Si ces monastères sont maintenant électrifiés et possèdent un monte-charge moderne, la machine antédiluvienne de l’un d’eux me rappelait les cabestans d’antan.
  • Reste à trouver... l’archipompe !

Au monastère Saint-Nicolas, un pope faisait sa « musique pop » en tapant sur différentes cloches avec un rondin de bois pour appeler ses frères à la prière. Dans l’église, les ors, icônes et objets de culte scintillaient à la lueur des cierges. L’encens et la cire des stalles et panneaux de bois sculptés il y a quelques centaines d’années, m’entêtaient au point que je me suis demandé si elle n’était pas la cause, à défaut de l’origine, des idéales visions célestes qu’avaient ces moines contemplateurs de vague infini divin.

Le Mont Parnasse
Le retour sur Athènes s’est effectué par l’ouest du Mont Parnasse. C’était la campagne profonde sans touristes et vivant encore à « à l’ancienne », tel ce tonnelier à l’atelier ouvert sur la rue, discutant avec les rares passants que nous fûmes.

A Pérama, le chantier n’avait pas chômé, l’oiseau Béligou avait retrouvé sa queue et son beau plumage. Il ne restait plus qu’à appareiller après avoir réglé la douloureuse d’ailleurs conforme au devis de réparation.

  • L’assurance cherche à te baiser ami Kerdubon !... Dit le patron…
  • J’ai envoyé un devis accepté, je vais leur envoyer une facture… du double de ce que tu vas me payer… puisque leurs experts se sont désintéressés de la réparation !... Si tu es remboursé, tu auras ainsi un dédommagement pour le temps perdu !
    • Merci camarade !... quoique le temps passé à prier aux Météores… n’ait pas été perdu !

Retour aux réalités maritimes
Dans la joie de retrouver son élément, le voilier d’un seul bord nous emporta au sud-est du canal de Corinthe à Korfos dans le Péloponèse. Le vent portant qui était violent au départ, surtout lorsque nous avons longé l’île de Salamine, se calma progressivement. Cependant lorsque ensuite nous avons rejoint Egine pour embarquer une nièce et ses cousins, le vent avait repris de l’est, juste dans le pif !

Bien amarrés cap à l’ouest dans le port, nous n’avions rien à craindre. Cependant ce vent créait un fort clapot. Négligeant de fermer la vanne de sortie de l’échappement gaz et eau, sournoisement tandis qu’on pavanait à la taverne, la flotte remonta aux cylindres du moteur !
Brutalement avec une violence extrême, le vent sauta au suroît. Il était grand temps d’aller mettre une deuxième ancre (la grosse) en complément de celle qui cependant était bien crochée... note : [2]
Evidemment... le moulin ne démarra pas. Je suis allé en zozo porter le mouillage supplémentaire qui nous garantissait contre les ennuis qui débutaient chez mes voisins de quai qui dérapaient.
Vidange et remplacement de l’huile moteur... et dans une série de hoquets avec émission d’un nuage noir, en bonne fille Mercedes chanta son refrain habituel !

Le beau temps revint avec un Meltem modéré, situation normale étésienne ! Nièce et sa cousine ainsi que le copain de celle-ci arrivèrent frais et roses.



Kerdubon


[1] ndlr : curieusement, concernant l’odéon d’Hérode Atticus (photo de gauche), quelques années plus tard, nous y verrons les soeurs Labèque en répétition

[2] ndlr le quai de la ville, dans le port d’Egine, est bien proégé de tous les vents, sauf du sud-ouest

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