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Accueil du site > Articles > Traditions et cultures > Navigations australes > Le Marion-Dufresne II et les navires océanographiques

Rubrique : Navigations australes

Dans cette rubrique on trouvera également :    (3 articles)

La navigation de Marion Dufresne Le Marion-Dufresne II et les (...) MARION DUFRESNE, les hasards (...)

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Le Marion-Dufresne II et les navires océanographiquesVersion imprimable de cet article Version imprimable

Publié Mars 2014, (màj Mars 2014) par : gadloo   

Copyright : Les articles sont la propriété de leurs auteurs et ne peuvent pas être reproduits en partie ou totalité sans leur accord
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Cet article est géolocalisé.

Les navires de recherche océanographique (*)

« La recherche océanographique regroupe plusieurs disciplines scientifiques :
— la physique pour l’étude des courants, des vagues et des marées et les propriétés physiques de l’eau de mer comme la conductivité, la température et la densité
— la chimie s’intéresse à la composition de l’eau de mer avec une orientation de plus en plus nette vers les problèmes de pollution,
— la biologie marine étudie la biosphère des mers et océans avec comme spécialisation majeure le soutien aux pêches par l’analyse de la ressource et l’évaluation des stocks,
— la géologie, la météorologie et l’hydrographie complètent l’éventail de ces disciplines.

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Le Beautemps-Beaupré, navire océanographique du SHOM

Ces navires sont de véritables laboratoires flottants polyvalents.
Malgré la grande diversité des missions, les navires de ce type possèdent de nombreux points communs :
— une plage arrière dégagée, large et proche du niveau de la mer, permettant la mise en œuvre de matériels variés (équipements de mesure remorqués, sous-marins, carottiers, …),
— des moyens de levage spécifiques (portiques, grues), des treuils composés de tambours de stockage de câbles, de cabestans tracteurs qui, via des poulies orientables situées sur le pont ou sur les portiques, assurent le levage ou le remorquage d’appareils scientifiques,
— de vastes surfaces de laboratoire, dont certains humides, pour la collecte d’échantillons, des salles informatiques pour l’enregistrement et l’analyse des données, des magasins réfrigérés.
Les navires affectés à la recherche halieutique (biologie marine) disposent, comme les chalutiers, d’une rampe arrière, d’un treuil de pêche et de chaluts parfois expérimentaux.
Quand ce sont d’anciens bateaux de pêche transformés, les usines de traitement du poisson sont remplacées par d’importantes surfaces de laboratoires.

Les gros navires océanographiques font appel à la propulsion Diesel-électrique qui se distingue par une grande souplesse de fonctionnement et, surtout, par des niveaux de vibration très faibles car il est essentiel que les mesures scientifiques ne soient pas perturbées par le navire lui-même.
Les formes de carène sont étudiées afin que d’éventuelles bulles engendrées par l’écoulement de l’eau ne viennent pas fausser les relevés effectués par les capteurs fixés sous la coque.
 
A côté des navires scientifiques purs exploités par l’Ifremer et le CNRS, la flotte française comprend le navire océanographique mixte Marion Dufresne doté de capacités logistiques importantes lui permettant de ravitailler les îles australes, du navire ravitailleur Astrolabe affecté à la desserte des bases scientifiques de Terre-Adélie, ainsi que Langevin et JIF Xplorer utilisés par la DGA et la Marine Nationale pour des opérations d’assistance lors de tirs balistiques. »

(*) Extrait de Navires de Commerce Français, Jean-François Durand & Gérard Cornier, édition 2013, Marines Éditions.

La flotte française des navires à vocation océanographique

La flotte française compte une vingtaine de navires et figure en bonne position dans le contexte européen.

Elle se décompose de la manière suivante :

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L’Atalante, navire de l’Ifremer
  • l’Institut de Recherche pour le Développement est doté de 2 unités : Alis et Antea
  • l’Institut National des Sciences de l’Univers (CNRS) dispose de 8 navires dont Côtes de la Manche, Thétys II et Albert Lucas.
    http://www.insu.cnrs.fr/node/1203
  • le Département des Recherches Archéologiques Subaquatiques et Sous-Marines (ministère de la Culture) a reçu le André Malraux (36 mètres) en 2012.
  • la DGA affrète le Jif Explorer, propriété de Jifmar Offshore Services. Il est utilisé par le Centre d’essais des Landes pour la récupération des missiles en mer. C’est un ancien thonier sétois qui a été transformé pour cette nouvelle mission.
  • la société Ixcore de la Ciotat, spécialisée dans les mesures physiques en milieu marin, est propriétaire de l’Ixplorer,
  • le Marion Dufresne et l’Astrolabe qui, en plus de leurs missions océanographiques, assurent une fonction de transport entre la Réunion et les îles Kerguelen, Crozet et Amsterdam pour le premier et entre Hobart (Tasmanie) et la Terre Adélie pour le second.
     
     
     
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le Marion Dufresne II
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L’Astrolabe

Les TAAF (Terres Australes et Antarctiques Françaises)

L’administration des Terres Australes et Antarctiques Françaises dispose du Marion Dufresne géré techniquement par CMA-CGM ainsi que de l’Astrolabe qui fait l’objet d’un contrat avec ses propriétaires, la filiale française de la compagnie australienne P&O Maritime Services.
http://www.institut-polaire.fr/ipev...

Par ailleurs, La Curieuse, qui appartenait jusqu’en 2011 à la société mauricienne Indian Ocean Exploration, a été racheté en décembre 2011 par l’administration des TAAF et est exploité dans le cadre d’un groupement d’intérêt économique entre les TAAF et l’EAM (Ecole d’Apprentissage Maritime de la Réunion).
Son activité se partage entre des missions pour les TAAF, pour l’Institut Paul-Emile Victor Ecole et une fonction de navire-école pour l’EAM.
http://www.institut-polaire.fr/ipev...

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Les 5 districts des Terres Australes et Antarctiques Françaises

Gallieni  : 1953-1972 _http://www.messageries-maritimes.or...

Marion Dufresne 1  : 1972-1995
Lancé le 16 mars 1972 au Havre. Affrété pour 23 ans par l’administration des TAAF pour le ravitaillement des iles Crozet et Kerguelen et pour des missions scientifiques et océanographiques.
Il passe dans la flotte de la CGM en 1977.
Il est vendu en 1995 et devient le FRES, sous pavillon maltais, et servira de bâtiment de base pour des américains travaillant sur des sites algériens.
Il terminera son périple maritime à Alang, le 22 juin 2004, pour y être démoli. _http://www.messageries-maritimes.or... _http://www.flickr.com/photos/970692...

Marion Dufresne 2  : 1995 - …
Construit en 1995 par les Ateliers et Chantiers du Havre pour remplacer le Marion Dufresne 1.
Il est la propriété du GIE MD2 qui réunit les TAAF et la CMA-CGM.
Il est affrété à long terme par les TAAF pour le ravitaillement des îles Kerguelen, Crozet et Amsterdam, et pour la relève du personnel de leurs stations scientifiques.
Il est également utilisé par l’Institut Français de Recherche et Technologie Polaires pour des missions océanographiques.

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Le Marion-Dufresne (1972-1995), ravitailleur des TAAF
  • Caractéristiques techniques :
    • longueur : 120,10 mètres,
    • longueur entre les perpendiculaires : 108,30 mètres,
    • largeur : 20,60 mètres,
    • creux : 12,80 mètres,
    • tirant d’eau : 6,95 mètres,
    • port en lourd : 4 871 tonnes,
    • jauge brute : 9 403,
    • jauge nette : 2 820,
  • Équipement
    • 3 cales, 2 sur l’avant du château, 1 sur l’arrière, 4 panneaux,
    • 2 grues Brissonneau & Lotz de 25 tonnes chacune jumelables,
    • 1 grue Hägglunds de 160 t/m, 1 grue Palfinger de 12 t/m
    • 1 170 m3 de combustible-fret (gasoil)
    • capacité d’emport : 110 conteneurs de 20 pieds
    • 110 passagers (59 cabines)
    • 1 treuil océanographique
    • 1 treuil d’hydrologie Kley France
    • 1 portique arrière de 10 tonnes
    • 1 portique latéral arrière de 10 tonnes pour carottage Kley France
    • 1 système de manipulation de carottiers géants avec tangons télescopiques Kley France
    • 1 portique latéral avant pour prélèvements légers Kley France
    • 2 compresseurs pour sismique
    • des laboratoires sur une surface totale de 650 m2
    • 1 plate-forme et hangar pour hélicoptère
    • 2 vedettes de service, 1 barge porte-conteneurs
  • Équipement électronique :
    • 1 sondeur multi-faisceaux Thomson
    • 1 système informatique complet pour acquisition et traitement des données
    • 1 gravimètre
    • 1 magnétomètre
    • 1 système de positionnement dynamique Simrad
  • Propulsion de type Diesel-électrique :
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Salle des machines du Marion-Dufresne
  • 2 groupes électrogènes de 3600 kVA composés chacun d’un moteur Wârtsilä-Vasa 8R32 (8 cylindres en ligne, 3 000 kW à 750 t/mn) et un alternateur Cegelec-ACEO,
  • 1 groupe électrogène de 3 000 kVA composé d’un moteur Wärtsilä-Vasa 6R32 (6 cylindres en ligne, 2 250 kW à 750 t/mn et un alternateur Cegelac-ACEO,
  • 2 moteurs électriques de propulsion synchrones à vitesse variable par synchroconvertisseur de 0 à 150 t/mn entrainant chacun directement une hélice KaMeWa à 4 pales fixes.
     
    Puissance : 2 x 3 000 kW (2 x 4 075 ch) à 150 t/mn.
    Vitesse : 15 n.
    1 propulseur d’étrave KaMeWa de 736 kW.
     
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Le carrotier Calypso
  • Équipement spécifique :Depuis juillet 2013, le Marion Dufresne est équipé d’un ROV (Remotely Operated Vessel) développé par Jifmar Offshore Services pour une mission scientifique à finalité pétrolière de 70 jours au large du Brésil par 1 400 mètres de fond.
    Cette mission est coordonnée avec l’IPEV (Institut Polaire Paul Emile Victor).

    Le navire est équipé du carottier Calypso long de 60 mètres.
    C’est un outil unique au monde qui permet d’étudier les archives sédimentaires « récentes » et les changements climatiques passés en faisant des prélèvements de glace nécessaires nécessaires à la paléoclimatologie.
     
     

L’impact logistique et scientifique des déboires du Marion Dufresne.

Récit de Bruno Graignic. Le Marin du 23 novembre 2013.

« Le navire est toujours à l’abri du Marin à Crozet. « Il a essuyé un fort coup de vent le week-end dernier mais sans dommages supplémentaires » rassure l’administration.
A son bord ne reste qu’un équipage de sécurité de 23 hommes garantissant sa sauvegarde et son mouillage. Le reste des membres de l’équipage, les scientifiques ainsi que neuf touristes ont été débarqués. Les capacités d’accueil provisoire de la base Alfred-Faure sont passées de 50 à 145. La cellule de crise (TAAF, CMA-CGM, Cross Réunion et préfecture de la Réunion) a déjà pris des dispositions pour rapatrier les personnes et porter assistance au navire.
Quatre navires ont été mobilisés : en escale au Cap, le câblier de France Télécom Marine, Léon Thevenin, a été affrété. Il devait arriver ce vendredi sur place. A son bord se trouve une équipe de techniciens. Ces derniers doivent notamment procéder à l’évaluation de l’avarie et pourront effectuer des travaux de renforcement provisoires de la coque. Elle est enfoncée sur une douzaine de mètres à l’avant gauche et deux compartiments sont totalement noyés.

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Le Marion-Dufresne après la fortune de mer

Le Coral Sea, qui devait rejoindre Crozet ce samedi, transporte du matériel de réparation. Il vient en appui des équipes techniques.
85 personnes seront évacuées par le Léon Thévenin en direction du Cap.
Le Marion Dufresne, quant à lui, prendra la direction de Durban escorté par le Coral Sea.
Deux autres navires, basés à La Réunion, vont également se rendre sur zone avec des vivres et du matériel pour les bases.
La Curieuse, navire logistique et océanographique géré par le GIE liant TAAF et l’École Maritime d’Apprentissage de la Réunion, a avancé son départ au 29 novembre.
Avec une dizaine de places passagers à bord, il fera office de navette entre Crozet et Kerguelen.
L’Osiris prendra, quant à lui, la mer ce samedi 24 novembre en direction de Crozet.
Après deux mois de mer autour de Kerguelen, les hommes du patrouilleur de surveillance des pêches, tout juste de retour dans leur port d’attache, repartent pour un mois.
Ces deux moyens (La Curieuse et L’Osiris) permettront de dispatcher le personnel des TAAF dans les différentes bases et apporteront un peu d’avitaillement alors que le Marion Dufresne sera indisponible pendant plusieurs mois ce qui pose le problème de la relève des districts.
D’ores et déjà, nombre de programmes scientifiques se trouvent annulés ou retardés.
La présence de La Curieuse a été écourtée d’un mois. La question du ravitaillement va également se poser rapidement même si chaque district compte sur une réserve de carburant d’un an et des vivres jusqu’à la mi-janvier.

Certains auraient aimé disposer d’un moyen de secours adapté pour ces latitudes.
Si l’idée n’est pas nouvelle, le dossier n’a jamais réellement avancé. »


Anecdotes

Le Marion Dufresne sert également de bureau de poste dont les cachets très rares sont appréciés de l’amicale philatélique polaire.
http://philatelie.polaire.free.fr/s...

Dimanche 8 septembre 2013, le Marion Dufresne porte assistance au palangrier sud-africain El Shaddai, en pêche dans la ZEE des îles Marion et Prince Edouard. En panne de générateur il dérive depuis 3 jours ans aucun contrôle possible. A bord, 37 hommes d’équipage.
Les mécaniciens du MD réparent le générateur.
Le MD reprend ensuite la direction de Kerguelen après avoir embarqué à son bord un marin du palangrier pour surveillance médicale.
http://www.taaf.fr/Deroutement-du-M...

Extraplac, quésaco ? Quel rapport avec le Marion Dufresne ?

Il faut remonter aux articles 76 et 77 de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM) ou convention de Montego Bay en référence à la petite ville jamaïcaine où un premier accord a été trouvé entre 107 pays représentés.

Elle a été signée en 1982, elle est entrée en vigueur en 1994, elle a été ratifiée par la France en 1996.

Il était précisé qu’un état disposait de 10 ans après son adhésion pour demander une éventuelle extension de son plateau continental au-delà des 200 milles de la ZEE (Zone Économique Exclusive) comme, par exemple, des preuves géophysiques indiquant une continuité naturelle.

Peu avant l’an 2000, les états membres de la Convention ont décidé d’allonger la date limite au 13 mai 2009 pour les membres l’ayant ratifiée avant 1999.

La France a constitué un comité de pilotage et un groupe de travail coordonnés par le secrétariat général de la mer, sous l’autorité directe du Premier Ministre.
L’Ifremer, maître d’œuvre, s’est entouré du SHOM, de l’Institut Français du Pétrole Énergies Nouvelles et de l’IPEV (Institut Paul-Emile Victor). Des entreprises privées comme Eramet ou Technip y ont participé.
Un budget de 20 millions d’euros a été affecté par l’état français pour mener à bien ce projet.
A comparer avec les 50 millions d’euros dont le Danemark a doté le sien ou encore les 100 millions affectés à cette tâche par le Canada.
Plusieurs ministères sont partie prenante : celui de la mer, de l’Outre-Mer, de l’industrie, des affaires étrangères et de la recherche.
Le quai d’Orsay a d’ailleurs dû intensifier ses contacts diplomatiques pour finaliser certains dossiers comme celui de la Nouvelle-Calédonie et du Vanuatu.
Ce projet concerne une extension de 2 millions de km2 environ. (ZEE actuelle, 11 millions de km2).
 
 
 
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Les dossiers extraplac français

Les ZEE ont toujours été à l’origine de tensions diplomatiques entre états riverains.

Mais Extraplac s’inscrit aussi sous les couleurs de l’Europe puisque l’Irlande, l’Espagne et la Grande-Bretagne, riverains d’une zone maritime commune importante, ont choisi de déposer une requête conjointe.

En cas d’acceptation de leur demande, ces états ont prévu de se mettre d’accord entre eux sur les frontières internes.

Dès 2003, 4 zones ont été définies pour faire l’objet de dossiers spécifiques :

  • le Golfe de Gascogne, pour des questions liées à la géopolitique européenne,
  • la Guyane, pour ses hydrocarbures,
  • la Nouvelle-Calédonie,
  • les Kerguelen, sur une très vaste zone.

Un calendrier pour programmer des campagnes de relevés à l’aide des navires de recherche océanographique a ensuite été établi.

Quatorze dossiers ont été montés dont deux ont été réglés très rapidement :

  • la Terre Adélie, en raison du traité sur l’Antarctique,
  • les îles Éparses, dans le canal du Mozambique, trop étriqué pour envisager une extension.

A la date limite du 13 mai 2009, huit dossiers ont été déposés et, sur les quatre autres qui avaient bénéficié d’un délai supplémentaire accordé par l’ONU , trois ont pu être déposés à temps :

  • Saint-Pierre-et-Miquelon,
  • Wallis-et-Futuna,
  • la Polynésie.

Entre 2009 et 2012, des études complémentaires concernant ces trois dossiers ont été menées en mer :

  • Wallisplac, en 2010, pour Wallis-et-Futuna,
  • SPMlac, en 2011, pour Saint-Pierre-et-Miquelon,
  • Polyplac, en 2012, pour la Polynésie.

Ces mesures bathymétriques et sismiques ont nécessité 250 jours de mer à bord du Marion Dufresne, de l’Atalante ou du Suroit.

La ZEE, son extension naturelle possible et ses limites arbitraires (*)

La Convention de Montego Bay, précise qu’une ZEE est limitée à 200 milles de la côte sauf en cas de présence d’un état.

L’article 76 dit qu’il est possible d’étendre les zones maritimes sous la juridiction d’un état jusqu’à la limite du plateau continental considéré comme le prolongement naturel de la masse terrestre sous la mer. Il est donc nécessaire de fournir les mesures géophysiques pour le prouver.

La convention dit qu’il faut retrouver le pied de talus, la rupture de pente la plus marquée, pour délimiter les grands fonds.

Une pente de 4 ou 5° est considérée comme assez abrupte comme dans le Golfe de Gascogne. Mais c’est une autre histoire en Guyane à cause des apports sédimentaires de l’Amazone.

Si on trouve le pied de talus, il y a deux formules pour prétendre étendre les limites extérieures des eaux sous juridiction :

  • soit une distance de 60 milles au-delà du fameux pied de talus, ce qui n’a aucun intérêt s’il se trouve à l’intérieur de la ZEE.
  • soit un calcul à partir de l’épaisseur des sédiments : c’est la règle dite des 1%.

Si, à 300 km du pied de talus, il y a encore une couche de 3 km de sédiments, ça devient la limite extérieure du plateau.

Mais pour limiter l’ardeur des états dans ce domaine, l’ONU a imposé deux contraintes à ces revendications :

  • la zone sous juridiction ne peut excéder 350 milles, même si le pied de talus va au-delà de cette distance,
  • si, à partir de l’isobathe indiquant 2500 mètres de fond, la zone peut dépasser encore de 100 milles au maximum.

Les états peuvent jouer sur ces deux contraintes pour défendre au mieux leurs intérêts.

La commission de l’ONU qui examine ces dossiers est composée de 21 experts internationaux : géologues, hydrographes et géophysiciens.

Elle se réunit deux fois par an. Elle ne s’intéresse pas aux aspects juridiques et politiques.

Dans le cadre d’Extraplac, Marion Dufresne a participé aux campagnes de recherche de :

  • Kergueplac1
  • Kergueplac2
  • Kergueplac3
  • Cado
  • Pluriel

(*) synthèse d’articles parus dans Le Marin.

PARTIE VI de la convention de Montego Bay

Plateau continental

Article 76

Définition du plateau continental

1. Le plateau continental d’un État côtier comprend les fonds marins et leur sous-sol au-delà de sa mer territoriale, sur toute l’étendue du prolongement naturel du territoire terrestre de cet État jusqu’au rebord externe de la marge continentale, ou jusqu’à 200 milles marins des lignes de base à partir desquelles est mesurée la largeur de la mer territoriale, lorsque le rebord externe de la marge continentale se trouve à une distance inférieure.

2. Le plateau continental ne s’étend pas au-delà des limites prévues aux paragraphes 4 à 6.

3. La marge continentale est le prolongement immergé de la masse terrestre de l’État côtier ; elle est constituée par les fonds marins correspondant au plateau, au talus et au glacis ainsi que leur sous-sol. Elle ne comprend ni les grands fonds des océans, avec leurs dorsales océaniques, ni leur sous-sol.

4. a) Aux fins de la Convention, l’État côtier définit le rebord externe de la marge continentale, lorsque celle-ci s’étend au-delà de 200 milles marins des lignes de base à partir desquelles est mesurée la largeur de la mer territoriale, par :

i) Une ligne tracée conformément au paragraphe 7 par référence aux points fixes extrêmes où l’épaisseur des roches sédimentaires est égale au centième au moins de la distance entre le point considéré et le pied du talus continental ; ou

ii) Une ligne tracée conformément au paragraphe 7 par référence à des points fixes situés à 60 milles marins au plus du pied du talus continental.

b) Sauf preuve du contraire, le pied du talus continental coïncide avec la rupture de pente la plus marquée à la base du talus.

5. Les points fixes qui définissent la ligne marquant, sur les fonds marins, la limite extérieure du plateau continental, tracée conformément au paragraphe 4, lettre a), i) et ii), sont situés soit à une distance n’excédant pas 350 milles marins des lignes de base à partir desquelles est mesurée la largeur de la mer territoriale, soit à une distance n’excédant pas 100 milles marins de l’isobathe de 2 500 mètres, qui est la ligne reliant les points de 2 500 mètres de profondeur.

6. Nonobstant le paragraphe 5, sur une dorsale sous-marine, la limite extérieure du plateau continental ne dépasse pas une ligne tracée à 350 milles marins des lignes de base à partir desquelles est mesurée la largeur de la mer territoriale. Le présent paragraphe ne s’applique pas aux hauts-fonds qui constituent des éléments naturels de la marge continentale, tels que les plateaux, seuils, crêtes, bancs ou éperons qu’elle comporte.

7. L’État côtier fixe la limite extérieure de son plateau continental, quand ce plateau s’étend au-delà de 200 milles marins des lignes de base à partir desquelles est mesurée la largeur de la mer territoriale, en reliant par des droites d’une longueur n’excédant pas 60 milles marins des points fixes définis par des coordonnées en longitude et en latitude.

8. L’État côtier communique des informations sur les limites de son plateau continental, lorsque celui-ci s’étend au-delà de 200 milles marins des lignes de base à partir desquelles est mesurée la largeur de la mer territoriale, à la Commission des limites du plateau continental constituée en vertu de l’annexe II sur la base d’une représentation géographique équitable. La Commission adresse aux États côtiers des recommandations sur les questions concernant la fixation des limites extérieures de leur plateau continental. Les limites fixées par un État côtier sur la base de ces recommandations sont définitives et de caractère obligatoire.

9. L’État côtier remet au Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies les cartes et renseignements pertinents, y compris les données géodésiques, qui indiquent de façon permanente la limite extérieure de son plateau continental. Le Secrétaire général donne à ces documents la publicité voulue.

10. Le présent article ne préjuge pas de la question de la délimitation du plateau continental entre des États dont les côtes sont adjacentes ou se font face.

article 77

Droits de l’État côtier sur le plateau continental

1. L’État côtier exerce des droits souverains sur le plateau continental aux fins de son exploration et de l’exploitation de ses ressources naturelles.

2. Les droits visés au paragraphe 1 sont exclusifs en ce sens que si l’État côtier n’explore pas le plateau continental ou n’en exploite pas les ressources naturelles, nul ne peut entreprendre de telles activités sans son consentement exprès.

3. Les droits de l’État côtier sur le plateau continental sont indépendants de l’occupation effective ou fictive, aussi bien que de toute proclamation expresse.

4. Les ressources naturelles visées dans la présente partie comprennent les ressources minérales et autres ressources non biologiques des fonds marins et de leur sous-sol, ainsi que les organismes vivants qui appartiennent aux espèces sédentaires, c’est-à-dire les organismes qui, au stade où ils peuvent être pêchés, sont soit immobiles sur le fond ou au-dessous du fond, soit incapables de se déplacer autrement qu’en restant constamment en contact avec le fond ou le sous-sol.

Crédit images

Les illustrations de cet article proviennent des sites www.taaf.fr, www.extraplac.fr, www.ifremer.fr, www.insitut-polaire.fr et www.metetmarine.fr

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