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Masse, terre et neutre : avec un 220V permanent par le quai et le onduleur 20 novembre 2011 15:01, par yvesD

Disclaimer  : j’écris peut-être des balivernes aussi grosses (et à la relecture, aussi longue que moi, bavard impénitent) que moi mais ... qui sait

Ton dernier document (le croquis d’installation par victron) permet de comprendre pas mal de tes interrogations qui découle directement des recommandation de Victron tendant à maintenir en permanence l’illusion d’un bateau raccordé à un réseau EDF.

On est pas dans le cas banal d’un 220V du quai qui alimenterait un chargeur de batterie en même temps que quelques prises du bord (la bouilloire, le sèche cheveu, ...)

Ton bestiau « chargeur onduleur » est capable d’alimenter en permanence le bord en 220V, que le bestiau (et le bateau) soit raccordé au quai ou que le bateau soit en pleine mer. Et dans ce dernier cas la partie « onduleur » (inverter en british) fabrique du 220V à partir des batteries du bord.

  • ce bestiau a plein d’autre fonctionnalités, hors sujet ici

Et puisqu’il y a permanence (en moins de 20 milli-seconde !) du 220V cela fait apparaitre plein de problèmes, que le constructeur résout en mimant les propriétés qui prévalent tant qu’on était raccordé au quai

1er problème avec la pérennité de la terre de protection
On retrouve cette Terre de protection (TP, PE ou Protective Earth du document) sur la pinoche proéminente dans le haut de nos prises 16A française).

  • branché au quai il est judicieux de récupérer la TP du réseau EDF ou du port et d’en faire bénéficier nos prises 16A. Cette TP est bien sur reliée aux chassis des consommateurs. En touchant un chassis relié par accident à la phase EDF, le risque est grand de trouver un chemin de retour vers la centrale EDF via l’océan et le globe interconnectés (océan et globe à dessin) et de s’eléctrocuter via nos pieds humides, sauf si la terre de protection est moins résistive que l’interco océan+globe et sauf si un dispositif de protection a déclenché avant
  • une fois en mer, branché au onduleur, il me parait inutile de fournir une TP dans la mesure ou la seule manière de s’électrocuter est de toucher les deux fils de sortie du onduleur. En raccordant un des fils de sortie du onduleur à l’océan on augmente le risque d’électrocution car il suffit de toucher l’autre fil et l’océan (et sur nos bateaux humide, il est partout) pour atteindre le but pas recherché (s’électrocuter)

2ème problème avec les disjoncteurs différentiels

  • branché au quai, pour qu’ils soient efficaces il faut qu’il y ait fuite vers la TP pour que le chassis de l’appareil endommagé écoule des électrons vers la TP, déséquilibrant ainsi le bilan phase - neutre et permettant au disjoncteur différentiel de déclencher La TP est là « uniquement » pour permettre de constater ce déséquilibre, le DD lui même n’est pas raccordé à la TP.
  • un fois en mer et débranché du quai nul dispositif ne permet de garantir que les électrons produit par le onduleur ne traverse que des non-humains et que rien n’est détourné pour faire passer de vie à trépas. Un disjoncteur différentiel me parait inutile s ile plancher éternellement humide n’est pas raccordé à l’autre fil du onduleur (souvenez-vous, on touche l’un et l’océan et l’humidité referme la boucle avec l’autre).
    Du coup je ne vois pas bien l’intérêt de mettre ce DD en sortie du bestiau, c’est en amont et sur l’alimentation par le quai et elle seule qu’il faut le mettre
  • Et s’il y a un groupe diésel comme autre source de 220V, il peut aisément être isolé de l’océan (flotter par rapport à l’océan), surtout haut perché entre les coques d’un cata

3ème problème avec l’interconnexion de Neutre et TP dans un réseau EDF (régime de terre TT et TTS)
C’est semblable au point précédent

  • branché au quai, le neutre et la TP sont reliés entre eux par l’EDF, et on a pas le choix
  • un fois en mer et débranché du quai rien n’oblige (certainement pas la sécurité des personnes) à introduire un risque d’électrocution par le plancher humide en reliant un des fils de sortie du onduleur à l’océan

à propos d’un transformateur d’isolement suggéré - en amont du bestiau - dans le schéma de Victron :
Ca parait une bonne idée, certes onéreuse et pondéreuse mais là encore un DD n’a rien à faire en aval d’un transfo d’isolement, une mise à l’oceén d’un des fils du secondaire non plus. au secondaire tout doit flotter, non ? inutile de s’évertuer ensuite à reconstituer tous les problèmes que le transfo d’isolement élimine efficacement
C’est un peu comme rajouter du vinaigre dans le bicarbonate de soude qu’on prend pour combattre les aigreurs d’estomac, non ?

Bon, bien sur, ce transfo, il faut le relier à quelque chose pour évacuer les électrons qui en fuirait : relier l’enceinte à la TP EDF me parait approprié. mais là j’avoue ne pas tout comprendre et je m’en remet aux normes de mon pays. Et bien sur le groupe diesel n’a pas à passer par le transfo d’isolement, c’est le groupe qui doit flotter, tout seul

En conclusions personnelles :

  • ravi d’avoir eu un onduleur qui ne s’acharnait pas à mimer l’EDF dans les prises 16A du bord. Il y avait des prises alimentées par le onduleur et des prises distinctes alimentées par le quai, et une heure après le départ le PC du bord bipait et on le passait de la prise quai à la prise onduleur. On y arrivait, manuellement. La séparation a grandement simplifié le problème et je m’y teindrais à l’avenir.
  • ravi d’avoir été obligé d’utiliser des consommateurs à double isolation (classe 2) donc des prises sans pinoche de terre raccordée, ça a simplifié grandement le problème. Bon, bien sur on s’interdisait alors d’utiliser une machine à laver de terrien, ou un frigo de chez Darty mais mon onduleur n’aurait pas supporté.

Alors, pan sur le bec ?

Yves.
PS : dans une autre vie avec un yacht de 40m ou je ne comprendrait plus rien
j’écrirai peut-être autre chose mais tant qu’on reste à des cata de 13m et en GRP ...