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Pratiques et Techniques de la Plaisance

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Accueil du site > Articles > Entretenir le bateau > Construction - Réparations > Refaire un pont en teck

Rubrique : Construction - Réparations

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Refaire un pont en teckVersion imprimable de cet article Version imprimable

Publié 25 février, (màj 25 février) par : Titaua  image   

Copyright : Les articles sont la propriété de leurs auteurs et ne peuvent pas être reproduits en partie ou totalité sans leur accord
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Mots-clés secondaires: construction , entretien

ndlr, préambule : Un pont en teck peut mal vieillir. Dans le meilleur des cas, il vieillira de toutes façons et méritera une refonte soigneuse. Il existe de nombreux chantiers capables de mener à bien ces travaux. Nous avons déjà présenté un reportage sur ce type de réfection. En voici un deuxième, avec le même artisan, à Monastir.

Réfection d’un pont en teck - Témoignage

Après plus d’une année de recherche, nous avons acheté début 2020 un Oceanis 430 en Croatie (l’achat a été finalisé au début du confinement). Le bateau correspondait bien à notre programme de navigation et nous sommes tombés sous le charme de son aménagement intérieur en bois clair.
Par contre, sur ce voilier de 30 ans d’âge, le pont en teck était dans un triste état. Nous en avions conscience au moment du choix.

Nous avons donc recherché des articles relatant ce gros travail ainsi que le coût associé avant d’acheter.

Sur le site plaisance-pratique, nous avions lu avec grand intérêt le témoignage de Nicolas du bateau FREJA, un Océanis 430 lui aussi. Lien : http://www.plaisance-pratique.com/R... Il avait trouvé en Tunisie, un artisan spécialiste de la réfection des ponts en teck qui lui avait avait réalisé un travail remarquable à un prix très raisonnable.
Alors, aussitôt le premier confinement terminé, nous avons pris la direction de Trogir où TITAUA, notre Océanis 430 attendait sagement ses nouveaux propriétaires depuis plusieurs semaines.
Une tranquille navigation estivale nous a amené à Monastir (proche du domicile de l’artisan voir note : [1]
A Monastir, il est considéré comme le spécialiste des belles réfections des ponts teck à un prix très raisonnables, déjà recommandé par l’article sur FREJA, mais surtout port bien protégé de tous les vents, sécurisé, avec une excellente ambiance des bateaux résidents et une redevance annuelle très douce).
Pour la partie technique, l’article écrit par le regretté Nicolas voir note : [2], est très précis. Merci à lui de cette précieuse contribution qui est une référence et que nous vous invitons à lire. A noter que j’ai calculé précisément la surface de teck de l’OCEANIS 430 : elle est de 13 m2.

Les travaux sur TITAUA

Comme on peut le voir sur nos photos, Mounir a changé certaines lattes qui étaient trop usées pour être récupérées. Nous avions conservé du teck suite à la finition de notre premier bateau dans les années 1980. Nous l’avons donc apporté sur TITAUA. Un menuisier tunisien a transformé nos planches de teck en lattes adaptée au besoin sous la surveillance de Mounir.
Il est très difficile de trouver du teck en Tunisie. Si vous tenez, comme nous, à avoir un pont réalisé avec le même bois, il est impératif de venir avec. Mounir pourra vous fournir des adresses en France pour en acheter sinon il peut aussi vous réaliser les travaux en Iroko.
En 1990, les ponts en teck avaient une épaisseur importante. 30 ans après, une grande partie des lattes d’origine étaient récupérables.
Les parties les plus abîmées étaient, sans surprise, celles du cockpit et celles du passavant sur bâbord. Le passavant tribord était en meilleur état. Nous pensons que la présence de notre gros et long tangon à plat pont sur ce bord avait surement incité l’équipage à privilégier le passage vers l’avant sur l’autre bord plus libre.

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Lattes à reprendre, après analyse du bruit
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Retrait des lattes manquant d’épaisseur.
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Ponçage léger des lattes conservées

ndlr, voir note [3]

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Bâbord, une fois retirées les lattes à changer. les lattes saines restantes servent de guide
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Bâbord, les nouvelles lattes collées sous pression et calées pour respecter l’écartement
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Collage progressif des lattes pour assurer un assemblage régulier.
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Ponçage, entre les lattes, nettoyage des traces anciennes, et ajustage des joints entre les anciennes lattes et les nouvelles
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Passage de la colle dans les rainurages puis masticage au Sika avec couverture de l’ensemble des lattes pour obtenir des joints réguliers.
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après séchage du mastic puis ponçage, reprise avec des bouchons de l’ensemble des trous de vis retirées (plus de 800).
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De la qualité du travail

  • A noter que le retrait des vis s’est effectué avant le démarrage des travaux présentés en photo. Pour chaque vis retirée, le trou avait très rapidement bouché avec de la résine pour éviter toute infiltration avant la mise en place des bouchons.
    • ndlr : c’est cette précaution qui permettra de sécuriser la vie du pont.
  • Les travaux se sont déroulés de septembre à novembre 2020. Avec son pont rénové TITAUA a retrouvé une fière allure et nous avons l’impression d’avoir changé de bateau

Pont et bateau finalisés

Mounir lors des travaux Nous souhaitons dire un grand merci à Mounir et à son fils Wissem qui est venu le seconder à des moments clés du chantier. Les photos parlent d’elles-mêmes.
Plusieurs années après la remise en état du pont de FREJA, Mounir est toujours au sommet de son art pour ce type de travaux, mais, attention son intervention nécessite une prise de rendez-vous à l’avance pour choisir sa date et ne pas attendre sa disponibilité.

Maintenant nous allons rechercher la même qualité de travail pour une trinquette sur enrouleur puis un portique à façon pour les panneaux solaires à des prix toujours aussi doux. Suivra un article sur ces travaux avec les bonnes adresses et les photos.



[1] Mounir Pour tout renseignement son email : mehdouimounir@hotmail.fr. Ou via whatsapp : (+216) 92 816 250

[2] ndlr : Nicodefreja, serait hélas décédé selon une communication de sa femme sur le site https://oceanisvoiliers.forumactif....

[3] On voit Mounir poncer avec disqueuse (ou meuleuse d’angle) équipée de disques à ailettes abrasives. Ce qui est tout à fait possible à condition de posséder une main douce (très très douce), cela est alors très efficace. L’outil devient dangereux, confié à un opérateur inexpérimenté, ou maladroit. N’utiliser que pourvu des outils de protection recommandés par le fabricant (caches, capots, lunettes, gants et protections)

UP


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6 Messages de forum

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  • On peut très efficacement décaper et poncer du bois avec une disqueuse. Il convient de trouver le bon outil et les bons accessoires

    • le bon outil sera une disqueuse d’angle. Pas de besoin de grosse puissance pour décaper du bois. Il est préférable d’avoir un outil léger en main, pour deux raisons :
      • à la vitesse à laquelle tourne la disqueuse, toute fausse manœuvre blessera le bois. Effleurer est le maître mot, et le poids sera un handicap
      • un excès de poids entrainera rapidement de la fatigue musculaire, fatigue handicapante pour la qualité du travail, et dangereuse pour l’intégrité physique de l’opérateur.
    • les bons accessoires
      • pour la disqueuse, ce sera sans exception un choix d’une marque de qualité. Sans acheter du matériel professionnel, les marques connues : Makita et Bosh pour les plus connu, mais aussi en triant chez Black et Decker. Pour du décapage, un diamètre de 115 mm à 125 mm sera suffisant ; vous aurez la légèreté et suffisamment de puissance
      • les disques à lamelles, sont une bonne alternative pour le décapage, car les lamelles superposées associées à la vitesse de la meuleuse d’angle, les rendent très agressifs, et enlèvent un maximum de matière en minimum de temps. Mais le principal avantage du disque à lamelles, est également son principal inconvénient : l’agressivité, et particulièrement sur le bois. D’où la nécessité impérative de garder une main douce…
      • Les disques sont composés de fibres abrasives formant une roue dense. Ces fibres, avec la rotation du disque, vont venir gratter la surface en contact avec l’abrasif, avec moins de risques de blesser gravement le boisn avec l’inconvénient d’un encrassage rapide

    En résumé pour décaper rapidement, efficacement on utilise la disqueuse et des disques à lamelles. Puis toujours sur la disqueuse, après le décapage, on passe aux disques de fibres abrasives. Enfin pour un travail soigné, on utilisera une ponceuse orbital avec du papier fin grain # 100 et, on y coupe pas, on termine à la main sur du papier humide 240, 600, 1200 etc… En gardant en mémoire que la laque ou le vernis, est la récompense du peintre. Les anglais qui savent de quoi ils parlent à ce sujet, ont ce raisonnement ; vernir est facile, il faudra juste avant : poncer, poncer, poncer, poncer, poncer, poncer, et … à la fin seulement : poncer !!!

    Sécurité et protection
    Là, ça ne blague pas !!! c’est un outil très puissant tournant à grande vitesse ( plus de 10 000 tours/minutes ).

    • Respecter les recommandations de montage du fabricant
      • garder en place les capots de protection
      • serrer soigneusement la poignée auxiliaire
      • serrer très soigneusement et fermement le disque, en prenant la précaution de débrancher avant le cordon d’alimentation. Il ne doit présenter aucun jeu.
      • Toujours débrancher l’alimentation quand la disqueuse est hors d’usage
    • Protection personnelle
      • porter de bonnes lunettes de chantier, malgré le capot de protection, à la vitesse où tourne la machine, il peut y avoir des projections
      • protéger aussi l’environnement, les projections peuvent impacter le proche voisinage
      • porter des gants, à la fois souples et résistants
      • comme pour un ponçage à la machine, portez un masque anti poussière
      • porter des vêtements près du corps
      • ne tolérez personne en proximité, que ce soit pour leur sécurité ou la votre
      • restez concentré en permanence
      • observez des temps de repos

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  • 25 février 23:54, par Piyetts écrire     UP  image

    Bonjour, bravo pour ce travail. J’ai regardé de près ce post car j’ai mes assises de cockpit à refaire après la pose d’un produit imitation teck en plastique par le précédent propriétaire mais qui est parti cet hiver. J’ai deux demandes de précision :
    - indépendamment du plan de joint est-ce que les lames sont posées bord à bord ou bien faut-il prévoir un espacement avant réalisation du plan de joint (pour laisser le bois travailler). De ce que je vois j’ai l’impression que non mais je me trompe peut-être.
    - Pour coller les lames au fond de l’assise, j’utilise quoi ? la même colle à joint que pour le remplissage des plans de joints ?

    Merci de vos lumières. Amicalement. Stéphane.

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    • Traiter le teck de ses bancs de cockpit
      Pour répondre sommairement à cette question :

      • les lattes de teck traditionnelles se présentes en planches incisées d’un « L » e part et d’autre. Ce sont ces incisions, face à face une fois les lattes posées, qui permettront la pose d’un joint de dilatation permettant d’amortir les modifications de volume du pont exposé aux variations de température.
      • pour la pose classique, les lattes de pont sont collées sous pression. Cette pression est généralement obtenue de deux façons
        • par pesanteur, en posant des poids sur les lattes calées et posées sur le pont pré encollé. C’est la meilleure technique, car elle ne blesse pas le pont. Mais, elle est limitée par le climat : il faut qu’il fasse chaud pour accélérer le collage, et il faut beaucoup de temps. En Turquie, où ces deux conditions sont réunies, les lattes sont posées, calées et encollées deux par deux, sous la pression de segments découpés de rails de chemins fer empilés. Chaque séquence de séchage dure 3 jours. Il faut des mois, pour poser un pont, mais, le travail est parfait, et le sandwich du pont totalement préservé
        • en Europe, où l’on compte son temps, la pression est obtenue par vissage des lattes sur le pont. Ce qui aura pour conséquence de percer et d’entamer le sandwich du pont. C’est un point de faiblesse stratégique. On y pare en rebouchant les trous de vis, du pont, une fois le collage assuré. Puis on pose des tapons (bouchons) sur les trous fraisés dans les lattes de teck pour le passage des vis. C’est le point délicat (800 trous à reboucher dans le cas du pont traité par Mounir). C’est aussi, hélas, le domaine d’intervenants indélicats, il est en effet facile de masquer un travail bâclé. On connait deux techniques de serrage par vissage
          • Les lattes sont percées, vissées pour le collage, dévissées une fois encollées, puis le trou de serrage sur le pont est d’abord rebouché, généralement à l’époxy ou au polyester, puis un fois sec ou rebouche, au tapon, la latte de teck. C’est long et c’est cher
          • La pression est donnée par un vissage entre deux lattes, une rondelle tenue par la tête de vis assurant la pression. Une fois les lattes encollées, on dévisse, puis on rebouche les trous au sika (ou équivalent) en posant les joints. C’est rapide, c’est plus esthétique (pas de tapons), c’est plus économique… à l’achat… Mais pas dans le temps C’est surtout la porte ouverte à beaucoup de magouilles dites « à pas cher »…

      Liens utiles : deux articles sur PTP

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      • Super, ces deux url, dont la première dans laquelle on trouvera un croquis très parlant de la pose par serrage temporaire entre les lattes
        La seconde c’est celle de l’article du regretté nicodefreja.

        Ceci dit, je n’ai pas trouvé de photos des différents disques utilisés (le disque à ailettes), ceci est un appel du pied (ah, ces consumeristes)

        PS : pas de disqueuses sur mon bord, les lattes (qui viennent d’avoir 43 ans) ne connaissent plus que l’éponge (douce) pour bébé, le balais de pont en fil de laine, le savon de marseille mais rarement, et l’eau de mer à volonté. Elles sont bâchées l’hiver

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      • Bonjour et merci de cette réponses. J’avais effectivement vus les posts au bout des liens. Je crois que j’y vois clair. Reste mes deux questions :
        - quelle colle ?
        - quel espace entre deux lattes « sous » le plan de joint. Le schéma laisse penser qu’il n’y en a pas.

        Amicalement. Stéphane

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    • 1er mars 08:49, par Yanaelle écrire     UP     Ce message répond à ...  image

      Bonjour,

      les lattes posées sur Titaua n’étaient pas en L, l’espacement entre les lattes a été réalisé avec des cales que l’on voit sur une photo. La colle utilisée pour la pose du bois était SIKA 298 mais Mounir m’a dit que d’autres colles sont aussi très bien. l’épaisseur des lattes ne doit pas être inférieur à 5 mm pour que le joint tienne dans le temps. Après collage avec des charges lourdes sur le bois pour bien assurer le collage. Il faut passer une primaire.(multi primaire marine SIKA pour Titaua)
      Je ne me rappelle plus s’il y avait une colle après (contacte Mounir, il n’est pas avare de renseignements et peut t’apporter des réponses par whatsapp mieux que moi). Puis pose de SIKA 290DC PRO pour étanchéifier l’ensemble
      J’ai d’autres photos si certains points t’interesse je peux te les envoyer sur messagerie perso)

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