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Pratiques et Techniques de la Plaisance

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Accueil du site > Articles > Voiles carènes et gréement > Transformer un ketch en cotre.

Rubrique : Voiles carènes et gréement

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Transformer un ketch en cotre.Version imprimable de cet article Version imprimable

Publié Janvier 2012, (màj Janvier 2012) par : tongafiji   

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Entretien avec Eric du voilier Tonga

 
PTP : Bonjour Eric, parle-nous d’abord de l’homme et de la monture :

Eric : Ma première expérience de la navigation hauturière, c’était en 1986, une traversée de quatre mois du Pacifique, en partant de l’Australie sur une coque acier exotique de 14,50m. Ce fut une navigation riche en expérience si l’on considère que l’expérience est l’accumulation d’erreurs... :-) Mais j’en garde un bon souvenir !

Puis en juin 1995, j’ai acheté le Petit Prince et nous avons bourlingué en famille jusqu’en septembre 1999 de la France aux Antilles, puis aux Etats Unis.
En 1999 j’ai désarmé le bateau dans la Chesapeak Bay aux US.
Je suis retourné le chercher en mai 2001 pour le convoyer, directement des US vers Marseilles via les Açores.
C’était un Petit Prince en acier version ketch construit en 1983. C’était un bateau robuste conçu pour les navigations hauturières avec une timonerie intérieure.

  • Caractéristiques : Architecte Subrero, chantier : JAI (13).
  • Longueur : 12,5m
  • Plan numéro 562
  • Quillard, tirant d’eau 1m80
  • Maitre bau : 3.95m.
     

PTP : Pourquoi as-tu souhaité le transformer pour en faire un cotre ?

Eric  : Durant notre voyage, j’alternais souvent navigations avec et sans l’artimon. J’avais constaté qu’au largue par temps médium, le bateau était effectivement plus performant avec l’artimon. Mais pour toutes les autres allures et autres conditions je marchais aussi bien sans l’artimon et l’équilibre était maintenu. J’avais un régulateur d’allures Aries à l’époque, il fallait donc être exigeant sur l’équilibre global. En version ketch, au près , ce n’était vraiment pas terrible. Et puis, j’étais convaincu que l’on pouvait améliorer le potentiel du bateau en le gréant en cotre. A l’époque nous étions en pleine transition du ketch vers le cotre...
 
 

PTP : Quelles sont les autres modifications que tu as apportées ?

Eric : En 1998, je vends l’artimon en République Dominicaine en continuant à naviguer avec le gand mât et la bome d’origine. Je dispose alors de bien plus de place sur le pont arrière et dans le cockpit central. En 2001, je supprime tout l’équipement secteur drosses des deux barres à roue (extérieure et intérieure) et je passe à la barre franche. J’avais repéré une faiblesse sur le secteur et j’ai préféré partir sur une base saine pour la Transat retour. En 2002, après notre retour en France, je rallonge la bôme de 1,50m mais je garde la même gand-voile. Pour permettre le passage de la bome, je soude les cadènes de pataras sur la poupe. En 2003, j’installe un grand voile full batten avec quatre lattes forcées et fort rond de chute.
 
 
PTP : Est-ce que tu constates un changement à ce moment-là ?

Eric : Ma vitesse et mon cap s’en trouvent un peu améliorés. Au près par petit temps, je décolle un peu plus tôt. Mais ma GV est trop creuse, avec un creux trop sur l’arrière. Je ne suis pas complètement satisfait bien que le bateau soit plus performant sous toutes les allures. Je déplace également la cadène de trinquette que j’amène 40 cm plus en avant en prévision du projet futur.
 
 
PTP : Les modifications radicales sont toute récentes alors ?

Eric : Oui, en 2011, je change le mât, la bome, tout le gréement, et toutes les voiles. Le nouveau mât Francespar passe de 13,50m à 16m. Je passe par un voilier professionnel de renom (RUSSO) qui me fournit une GV full batten cinq lattes, une nouvelle trinquette, un nouveau génois à moindre recouvrement (110 au lieu de 130) et un code zéro pour le petit temps.
 
 
PTP : Et depuis, as-tu constaté des différences de comportement avec cette nouvelle configuration ?

Eric : Oui, ce n’est plus le même bateau, le près est nettement amélioré, je navigue à 45° du vent apparent, ce qui est bien pour ce type de bateau. J’ai gagné en vitesse et en puissance à toutes les allures. Le bateau est beaucoup plus vivant avec la barre franche. Je redécouvre le plaisir de barrer, surtout par petit temps et temps médium. D’ailleurs, je n’aurais pas cru que j’aurais autant de plaisir à barrer un bateau aussi lourd . Il faut dire que je l’ai allégé au maximum (Il fait encore entre 11 et 12 tonnes). Au près par mer belle et 12 Knts de vents je marche à 6 Knts, auparavant, c’était plutôt 4 Knts. Par petit temps au largue avec le code zéro, c’est un régal.
 
 
PTP  : Mais comment as-tu géré la nouvelle emplanture du mât et les nouveaux emplacements de cadènes ?

Eric : J’ai gardé la même emplanture et les mêmes cadènes. Le mât est 50cm plus en avant que sur le Petit Prince que Subrero a sorti par la suite en version cotre. Je n’ai pas vu de problème, j’ai un bateau bien équilibré, cela tient aussi à la coupe des voiles. J’ai constaté que sur ce type de bateau à déplacement lourd, à quille large mais pas longue, ces 50 cm ne sont pas un problème.
 
 
PTP : Quid du comportement du bateau dans le mauvais temps ?

Eric : Je n’ai encore eu l’occasion de le tester dans cette situation, seulement par 35 Knts avec deux ris. J’ai réduit un peu tard, la barre est devenue dure, mais pas plus que quinze ans plus tôt... Il est clair que la différence entre les version ketch, et cotre avec un mât plus grand et GV arisée, se réduit dans la piaule.
 
 
PTP  : Es-tu passé par un architecte pour te guider dans ces transformations ?

Eric : Non, si le mât peut rester à la même emplanture, cela ne me paraît pas indispensable. Si tu dois le déplacer de plus de 50cm, je dirais que là, il faut bien réfléchir...
 
 
PTP : Penses-tu que ta démarche soit applicable à d’autres bateaux ? Beaucoup se posent la question pour les Gin Fizz par exemple...

Eric : Bien sur, mais il faut bien mesurer l’écart entre les emplantures des versions ketch et cotre. S’il y a moins de 50 cm il n’y a pas de souci à mon avis... je pense qu’il faut garder le caractère cotre sur ce type de bateau. C’est en tous les cas l’avis du maître voilier et ne pas aller vers la version sloop. Je serais intéressé de connaître l’avis de ceux qui sont allés vers cette option.
 
 
PTP : Parlons gros sous, peux-tu nous dire à combien t’es revenue cette transformation ?

Eric : Oui, mât, bome, hale-bas rigide, GV, trinquette, génois, haubanage, drisses, écoutes : 38 000 Euros. J’ai équipé moi-même le nouveau mât, changé l’emplacement des winch et des taquets.
 
 
PTP : Alors, Eric, le bilan de l’opération ?

Eric : Ecoute, je suis très attaché à ce bateau parce que j’ai une totale confiance en lui. Lors de notre premier voyage, je me suis « planté » à 6Knts, la quille contre un bloc de béton de chenal aux USA. Le bateau s’est arrêté comme si j’étais rentré dans un mur. Rien, pas le moindre dégât, le voyage a continué. Je suis convaincu que n’importe quel bateau de série aurait subi de graves avaries dans les mêmes conditions.
Le voilier est dans un bien meilleur état qu’il n’était il y a 17 ans. Il marche beaucoup mieux jusqu’à 15Knts de vent. Le gréement est assuré pour dix, ça me fait oublier l’addition... L’ancien gréement était d’origine, il avait donc près de 28 ans et j’aurais pu continuer à naviguer avec, mais bon, on pense bien repartir...

C’est sûr que Tonga demande beaucoup d’attention et de temps, acier oblige... Mais il était aussi beaucoup moins cher à volume équivalent lorsque je l’ai acheté. Si c’était à refaire, je referais pareil, mais je regarderais attentivement le prix du marché qui semble un peu dingue aujourd’hui...

PTP : Merci Eric d’avoir bien voulu partager ton expérience.
(Propos recueilli par Sergio)
 
UP


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9 Messages de forum

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  • 4 janvier 2012 16:47, par Négofol écrire     UP Animateur

    Ceci semble confirmer le fait que beaucoup de ketches sont en fait sous-voilés, du fait de la longueur de grément insuffisante à notre époque de bateaux sans bout-dehors ni queue-de-malet.
    J’ai navigué il y a longtemps sur un ketch qui marchait très bien par petit temps, mais il avait une GV aurique et un flèche, avec un artimon marconi... Horreur pour les modernistes !
    Aux USA on voit parfois des « mules », jamais vu en Europe... (pas un animal mais la voile sur le patara du grand-mât).

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  • 4 janvier 2012 19:10, par aikibu écrire     UP  image

    Les grands esprits se rencontrent et simplifient....
    Apres avoir dematé (ça fait drole de sentir les mats tomber de chaque coté de soi.,car je n’ai rien vu arriver...) et rebordé le bateau j’ai decidé de le greer en cotre
    Colin archer de 1958 coque13m,x 4m ,TE 1.90 , 20T dont 6t de lest
    L’emplanture etant sur la quille je n’ai pu deplacer l’etambrai ,il aurait tombé dans le roof
    Alors j’ai mis le meme mat ,15m sur le pont 2m dans la coque,rallongé la bome pour avoir la surface de l’arimon dans la GV,remis un beaupre de 1.5m pour yankee de 45m2 et une trinquette sur l’etrave de 18m2.
    J’ai fait refaire les mats (grand mat et artimon) part un chantier qui m’a saboté le travail (resine epoxy chargée avec du sable,pour eux c’etait de la silice) donc stratification pour au moins tenir les bouts de bois ensemble.L’artimon est devenu pour part le beaupre l’autre part la bôme,faut rien gacher
    J’ai recalculé tout le greement (merci LN ,Dervin, Gutelle et les autres ...) l’ai refait ,posé,etc je vous passe les details ce fut une aventure
    Sur le papier mon CV (centre velique ) etait trop avancé par rapport au Centre de derive malgré la quete maxi possible et je peux dire que jusqu’aux essais je n’en menais pas large...
    Mais ça marche ,et aux dires de barreurs plus experimentes il est tres bien equilibré ,un poil ardent au pres....on peut meme lacher la barre franche à certaines allures...
    Comme quoi ça fait deux experiences de transformation de ketch en cotre......bien que parfois je regertte un peu le look, je le preferais avec ses deux mats .....regrets vite enfuis à la manoeuvre en equipage reduit ( 2 ) quand il faut brasser la GV ,passer le yankee devant le bas etai et regler les bastaques.....
    Plus haut je parlais de 6t de lest à 1.90m pour 20t de deplacement ....quelqu’un pourrait il me dire si le rapport deplacement sur lest est correct, d’autant que, dans les fonds lors du rebordage,j’ai trouvé environ 500kg de gueuses, sous les reservoirs d’eau douce que j’ai remplacé dans la foulée.
    Alors des lumiéres ?

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    • 5 janvier 2012 10:59, par Négofol écrire     UP     Ce message répond à ... Animateur

      30 % de lest est la valeur que donne Colin Archer pour ses « Redningskoite », ketches de sauvetage dont les dimensions sont proches du votre. A noter que ces bateaux sont parmi les rares bateaux anciens réellement calculés (Colin Archer était un des créateurs de l’architecture navale moderne) et dont la stabilité ne dépendait pas de la cargaison emportée ou de quelques tonnes de poisson mort en cale.
      Votre lest semblerait donc à priori correct. Le complément en interne était une habitude de beaucoup de chantiers bois qui, peu surs de leur construction (ou des plans de l’architecte) le rajoutait pour mettre le bateau dans ses lignes.

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      • 6 janvier 2012 20:42, par aikibu écrire     UP     Ce message répond à ...  image

        Merci « negofol » ça me rassure quelque part .....et j’ai laissé les gueuses en place pres les avoir legerement rehaussées pour que l’eau eventuelle puisse passer dessous ,ainsi qu’une chaine inox dans les anguillers,pour les deboucher de temps en temps,comme me l’avait recommandé mon pere,ancien de la vieille marine ..

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  • Une autre expérience de transformation de ketchs :
    Le premier voilier en question était donc grée en ketch, bateau de 10m70 datant de 1962 ; La configuration ketch s’est révélée pratique pour naviguer au large et le bateau était bien (trop) ardent jusqu’au travers, on n’a jamais tellement utilisé la voile d’étai elle déséquilibrait trop le bateau. On a du faire environ 5000 miles avec ce gréément ;

    Reste que l’artimon etait au milieu d’un cocpit déja etroit et comme le temps était venu de remplacer GV + voile d’ artimon on s’est dit que c’était l’occasion d’enlever l’artimon (le porte-manteau comme on l’appelait, il était aussi pratique pour accrocher sa veste de quart). J’ai « recalculé » en jouant avec les barycentres une taille de grand voile pour compenser la perte de l’artimon, et sur le papier ça donnait une bome de 1m50 + longue et un mat de 2m + haut avec un centre de voilure un peu plus avancé ; l’avantage de cette formule et qu’on ne touchait ni a l’implanture de pdm ni aux cadènes. Et c’est donc ce qu’on a fait, j’ai remplacé la bôme, rallongé le mat, et commandé une GV toute lattée. Premiers essais entousiasmants, le bateau s’est révélé plus vif dans le petit temps, bon cap, il a renoncé à nous faire ses manques a virer et bonne surprise est devenu bcp moins ardent. Et puis ça s’est gâté quand on a voulu sortir dans du vent plus soutenu et qu’il a fallu réduire : prendre un ris dans cette grand voile dont le mat est resté a son implanture d’origine revenait a avancer le centre de voilure : on s’est retrouvé avec un bateau terriblement mou, barre sous le vent au près... donc il fallait mettre un mouchoir a l’avant (solent arrisé) pour la GV a un ris et pour le 2ème ris il fallait passer au tourmentin : cap déplorable, peu de puissance pour passer les vagues et peu de vitesse.

    Bateau suivant, c’etait un voilier de 12m70, un peu plus moderne, dessiné en 1976 ; Le plan de voilure d’origine était ketch mais ce modèle ci avait été gréé en sloop avec un mat 2m plus haut et avec une emplanture identique a celle du ketch... donc forcement j’ai un peu tiqué et en discutant avec le vendeur j’ai reussi a comprendre qu’en effet le bateau était parfois un peu mou ; pas dégoutté j’ai recommencé avec mes dessins et mes barycentres d’écolier, cette fois ci en etudiant toutes les configurations de reduction de voilure et ça a donné pour avoir un centre de voilure identique a celui du ketch une position de pdm 60 cm plus en arrière que celle d’origine ( ça mettait le pdm quasiment a l’aplomb du centre de voilure) : aussitot dit aussitôt fait, et ce coup ci ça s’est révélé parfait quelque soit la force du vent ou le nombre de ris pris, et on a fait plein de miles sans jamais plus penser a changer quoi que ce soit !

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  • 22 octobre 2012 14:38, par bokedglass écrire     UP  image

    J’avais un côtre avec un bout dehors de 1.50 m
    Après m’être fait peur dans les manoeuvres portuaires, j’ai attrapé la tronçoneuse
    Résultat, bien meilleur cap..m^me surface de voile.

    La trinquette ,endraillée contrairement au yankee sur enrouleur, avait un ris
    Eh bien un jour je l’ai pris ce ris, et j’étais bien content de l’avoir

    Le désandrailler, le ramener puis mettre le tourmentin.. ....

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  • 22 octobre 2012 19:16, par tongafiji écrire     UP

    Suite a l’article initial : Je viens de passer ma seconde saison avec mon petit prince en cotre nouveau mat , voici donc la photos de cette dernière évolution et du changement de mat 2m de plus et de la nouvelle GV lattées sur bome plus grande de 1m30 aussi mais dont la position définitive du vide mulet est redevenue classique ( la bome basse a des inconvénients en rapport avec la surface et l’abaissement du centre de voilure que j ai pris en compte)
    il est la sous code 0 et l emmagasinnuer, un regal par petit temps toute allure, en vitesse et cap...
    j ai gouté au vent fort environs 40 knt, et je n ai pas pue etre satisfait du comportement .
    essentielement je pense parceque je suis reste trop toilé... les infos detaillés plus haut me conforte sur ce point que plus qu’un defaut de conception c est surtout moi qui doit mieux comprendre que son comportement de Ketch et de cotre ancien ne peuvent plus etre projete comme semblable mais plus technique , certianement parceque le creux et le centre propulsif de la GV est plus en avant que mon ancienne GV. Rien de redibitoire, mais assurement une evolution dans la reduction et le reglage de la GV comme de la trinquette que je dois mettre plus tot et reduire plus ou tout le GN.

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