Pratiques et Techniques en Plaisance
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J’avais constaté les mêmes symptômes sur mon précédent bateau, un Bavaria 36 holiday de 1998, et me suis résolu à une intervention lourde après la troisième saison. C’était déjà un peu trop tard pour le faire, mais cela ne pouvait plus être évité, car les efforts à la barre et pour le pilote étaient déjà très importants plus encore à la gite tribord amures, laissant penser que la fonction auto-alignement des paliers était perdue.
Pour la dépose du safran, il m’avait fallu creuser à la pioche (avec l’accord du chantier) un trou d’environ un mètre de profondeur dans le terre-plein d’hivernage, ce qui avait permis d’éviter les deux grutages-calages. J’avais pu descendre le safran milimètre par millimètre en le faisant tourner à la main. C’était très dur au début, mais les efforts diminuaient au fur et à mesure de la descente qui a pris la journée.
La cage en aluminium du palier inférieur était tellement corrodée et grippée que le démontage de la rotule en nylon avait été impossible et j’ai du extraire l’ensemble de la coque, en cassant la colle époxy qui le fixait dans le stratifié de l’étambot. Puis, en assénant des coups de masse par l’intérieur sur le tube métallique, après avoir calé deux épontilles de maçon par l’extérieur, il a fini par sortir, sans faire de dégat structurel.
Le palier neuf (1800 francs à l’époque, soit presque 300 €) avec sa cage et sa rotule, a ensuite été collé au Sicaflex dans le stratifié d’origine. Le remontage du safran pesant environ 34 kg n’était plus qu’une formalité, demandant quand même quelques efforts et calages intermédiaires lorsque l’on est seul, avant le rebouchage du terre-plein.
Au cours des six saisons suivantes, aucune anomalie de fonctionnement ni d’étanchéïté ne m’a fait regretter ce travail.