Pratiques et Techniques en Plaisance
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NDLR merci à “Kerdubon” capitaine, marin et explorateur de la Grèce d’il y a 50 ans.
Je ne vous parlerai pas des exotes anciens comme Hérodote, ni des voyageurs poètes écrivains du siècle précédant celui de ma naissance, depuis Chateaubriand jusqu’à Rimbaud, ou bien tout proche de nous, du regretté Lacarrière… je rapporterai seulement quelques anecdotes dépaysantes pour conter à ma façon… l’autre… dans sa différence, quoique le Grec soit en partie à l’origine des choses de valeur de notre civilisation et que forcément, nous avons tous un peu de lui.
La chrétienté, apparemment arrangeante avec les choses du passé, faisait bonne figure à ces rites païens et tolérait… la fête du vin. Elle avait lieu chaque printemps à une date tenue secrète par les édiles, dévoilée seulement quelques jours à l’avance, dans le but de ne pas attirer tous les soiffards de la Grèce et d’ailleurs, car ce jour là, le vin était gratuit et à profusion. Chaque paysan produisait son cru, or la terre est très morcelée, ils étaient donc nombreux à offrir leurs nectars pour que l’on compare et que je ne sais trop quel jury, dans lequel cependant il y avait un pope, désigne le meilleur. Je vous parle mes amis du tout début des années 70, du temps où l’île était verte, en plus des champs de vigne, remplie de forêts d’eucalyptus, de conifères immenses, de chênes éternels et bien sûr d’oliviers. Par la suite, les promoteurs ont tout brûlé et je me demande si le vin de Samos à toujours aussi bon goût ! Kyriakos, l’aîné des trois frères pêcheurs à Samos, à moins que ce ne soit Vangelis son cadet, mes amis depuis plusieurs années, car j’y faisais escale chaque printemps et automne, pour quelques semaines à Pythagorion, le port sur la côte sud, m’avertit que l’évènement était pour un jour prochain. Il n’y avait pas un seul étranger ni un seul touriste dans la cité de Pythagore.
Je ne vous conterai pas comment le chantier qui construisit mon voilier en acier de 12m. dans les années 70 me fit porter la croix de Malte ! Ces chiens maltais trichaient sur tout. Après essais du navire, c’est-à-dire quelques bords tirés au large et un tour de l’île, ils me laissèrent partir avec un mouillage réduit à vingt-cinq mètres de chaîne et un bout de 50 mètres manillé dessus. Je croyais selon le contrat être suffisamment gréé de ce côté-là, mais n’avais pas eu le temps d’effectuer un mouillage de vérification. J’eus la surprise de la découverte lors de mon premier mouillage en pleine nuit dans le vieux port de Corfou en me laissant glisser cul à quai entre un gros motor-yacht allemand et un voilier au pavillon de Gibraltar.
Evidemment au printemps, le temps change vite et le lendemain se leva un violent vent de nord, en plein dans le nez. Ce qui devait arriver se produisit, je chassai et j’ai recommencé mon mouillage. Au troisième dérapage, l’Allemand m’insulta, l’Anglais ricana… j’étais un rigolo, mais ils finirent par accepter une aussière qui me bloqua à poste. J’étais vexé comme un rat mort !
Durant les trois premiers étés passés dans les îles ioniennes, dans l’île de Corfou, nous avons souvent mouillé sous la protection de la chapelle Saint Nicolas (Agios Nikolais), dans un secteur isolé de la baie de Goui, tout au fond d’une anse éloignée.
Lorsque Madame Kerdubon et moi-même sommes revenus dans la marina de Gouvia un printemps suivant, notre voilier était parmi des goélands et nous attendait en frétillant aurait-on dit, à cause du frémissement causé sur l’eau par une très faible brise encore matinale. Ses ancrages le tenaient éloigné du quai. D’un coup d’œil, on voyait que sa peinture n’avait subi aucun dommage le long du quai, dans les coups de tabac hivernaux. A bord, rien n’avait bougé. Le gardien rétribué était absent… comme par hasard et je ne le revis pas ! Le moteur refusa de tousser, car il apparut rapidement que le moteur était… noyé… par l’eau de mer.
Avant de quitter Corfou et nos amis, rendez-vous fut donc fixé pour 22 heures, l’heure douce où les Grecs vont dîner, après le départ des restaurants des touristas qui mettent les pieds sous la table à 19 heures pétantes… s’ils sont Français, 18 s’ils sont Allemands !... tout comme chez eux à l’autre bout de l’Europe. La soirée ne fut pas triste… on s’en douterait !… il nous a même fallu danser le sirtaki de Zorba le Grec tandis que l’assistance… cassait ses assiettes selon une tradition relativement récente !
Ayant passé onze étés dans cette partie méditerranéenne, vous vous doutez bien mes amis que ceci n’est que le début d’autres histoires, m’avoir lu avec patience, c’est mettre un pied dans le monde grec… puis comme dans le sirtaki de Zorba le Grec, vous passerez l’autre jambe devant et les bras étendus sur les épaules de vos compères, les yeux dans le vague, les narines gonflées d’odeurs plus ou moins ouzoteuses ou retsineuses, vous vous laisserez aller dans la joie qui de son côté vous gonflera le cœur… vous pouvez me croire… parole de menteux qui n’est pas menteur !
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Kerdubon