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Turquie : Page de cartes du site de la météo marine : lien vers Fleet 31 mai 2014 21:42, par yvesD

Argh, tu touches un point pas facile pour quelqu’un qui n’est pas un prévisioniste : comment identifier les moteurs statiques (dépression, anticyclone) des phénomènes mobiles.

Les phénomènes mobiles (systèmes frontaux avec front chaud et froid autour d’une dépression, talweg d’altitude, dépression sans fronts bien caractérisés, front non différencié et pas associé à une dépression - un peu comme un talweg d’altitude des anglais) sont mis en mouvement par les moteurs statiques (anticyclone des açores qui fait courir les système frontaux sur sa face nord et/ou qui les laisse redescendre de scandinavie - giboulées - sur sa dorsale E sur nos cotes bretonnes, dépression statique ...).
Les deux peuvent interragir, un front mobile peut traverser une partie de l’anticyclone des açores. Un front mobile peut s’arrêter pendant quelques jours (cas d’une goute froide d’altitude).
Un moteur (donc statique) peut aussi se déplacer (lentement) ou se remettre en mouvement (la dépression du golfe de Gênes, un front froid et HP associé sur l’Ibérie dans le cas du mistral)

Toute la difficulté est d’identifier ce qui est statique (et va nous apporter quelle m...de) de ce qui est mobile et apporté par le statique. Souvent les dimensions des D sont plus faibles lorsque mobiles.

Ca serait utile, pour les lecteurs ultérieurs, que tu fasse un montage des fax successifs de http://www.cincfleetwoc.com/HF-Fax/...

  • Sur le premier, analyse de samedi, l’anticyclone des açores est évidemment statique, il force les dépressions atlantique à circuler sur sa face nord, il est prolongée par une forte dorsale en drection de l’écosse et la norvège qui les propulse ensuite sur le Sptzberg. Je soupçonne que les deux through (talweg d’altitude) sur Copenhague et la Tchéquie sont mis en mouvement par le même. Ils semblent descendre vers Thessalonique et Brindisi (on en retrouve un, très développé) et on en retrouve 2 autres qui circulent autour de la D-999 sur l’Arménie. Cette D-999 est donc un centre statique, elle. L’anticyclone H-1018 sur la cyrénaïque, je sais pas trop, statique sans doute
  • à T+24, ça confirme le comportement de l’anticyclone des açores et sa dorsale. La D sur l’arménie est devenue 1002 sur l’ukraine mais ça semble bien elle qui est le moteur du déplacement de tout ces through qui descendent de scandinavie. Le H-1017 sur la cyrénaïque est peut être un peu moteur.
  • à T+48, la dorsale des açores est vraiment très établie et remonte sur tous les pays nordiques, p...tain de barrière, va faire beau sur la bretagne. Vos talweg sont toujours là, la D motrice est passée de 1002 à 1005 (se comble) et remonte vers le N. Qu’est ce qui fait bouger le talweg de Trieste à Thessalonique
  • à T+72, la barrière anticyclonique (la dorsale) sur l’europe de l’ouest s’effondre et est traversée par ce gigantesque front froid de la Corogne à la Bretagne et l’Ecosse. Vos talweg tournent toujours autour du centre (rotation anti-horaire) qui remonte lentement vers les pays balte. Peut-être aussi que l’énorme anticyclone sibérien (rotation horaire) les a capturé. Une D-998 vient de s’installer sur la cyrénaïque et met en mouvement ce front sur la Tunisie
  • à T+96, on s’en prend plein la figure à Brest avec toutes ces perturbations en mouvement (rotation antihoraire) autour de la D-1006 sur Belfast. Açores est réduit à la portion congrue mais conjugué à la D-1006 il dirige un fort flux de NW vers Brest et met en mobilité les talweg ainsi que cet inquiétant dépression et fronts centrés sur la Corogne. La D sur les pays baltes n’est plus moteur pour vous. C’est sans doute le H-1030 sibérien qui va jouer ce rôle pour le système frontal balto-nordique et aussi pour le front occlus qui passe sur la Crimée. Pour vous, la D-998 se déplace vers la mer ionienne en mettant en mouvement un front froid jusqu’à Thessalonique et un talweg sur la Crête et la Lycie. Aux amarres, c’est encore un flux de sud
  • A T+120 beaucoup de détails sont estompés mais les moteurs Açores, Angleterre, Sibérie et sans doute aussi Anatolie (et encore un talweg pour toi, un) sont encore en place.

Difficile de faire bref mais quelques remarques :

  • les remarques que je peut faire sont très grossières (suis pas prévi) mais peuvent me servir pour identifier des types de temps, définir des statégies (je vais plutôt pas là, je loue une bagnole)
  • C’est sur les cartes à 5000 mètres (500 hPa, le milieu de l’atmosphère, pas d’influence du relief) qu’on voit le plus facilement ces moteurs, les traces au sol et les gênes/frottements apportées par le sol n’y sont pas. Leur diffusion est moins fréquentes, mais avec zygrib on les a.
  • Sur ces cartes, il faut non seulement avoir les champs de pression (ou d’altitude de la 500 hPa, ce qui revient au même, on parle alors d’isohypse plutôt que d’isobares) mais aussi la température ambiante (autour de -25 °C) ou ce qui revient au même l’épaisseur de la couche 1000-500. On verra alors des moteurs déplacer des masses chaudes ou froides, et ce parallèlement aux isohypses (tout va bien) ou avec un certain angle (advection, tout va mal et d’autant plus que l’angle est fort, et y a du front et de la dépression qui vont se développer au sol. l’advection lorsque du chaud entre dans du froid, à l’inverse, tue les perturbations, tout ira mieux)
  • Ces 500 sont les bases du travail des prévi des années 60-90. Ce sont elles que les modèles numériques (et elles seules, puissance de calcul oblige) dès 1950 commençait à prévoir de manière satisfaisante. C’est pour elles qu’on armait des navires météorologiques stationaires sur l’atlantique (cf France1 à La Rochelle). En raisonnant la dessus c’est pas de la cuisine qu’on fait, mais la précision n’y est pas, Il y a de très beau cours de Météo-France là dessus, dont l’excellent ouvrage n° 14 destiné aux marins : Météo générale et marine de Le Vourc’h et al.
  • En filtrant tout ce qui est rapidement variable dans ces cartes ou ces prévisions numériques là, ont obtenait (et on obtient toujours) les grand types de temps, même jusqu’à 5 jours.