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Pratiques et Techniques de la Plaisance

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Accueil du site > Articles > Traditions et cultures > Navigation traditionnelle > Estropadak

Rubrique : Navigation traditionnelle

Dans cette rubrique on trouvera également :    (3 articles)

Estropadak Le Monotype de Chatou La voile de Jonque

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EstropadakVersion imprimable de cet article Version imprimable

Publié Juillet 2012, (màj Août 2015) par : Négofol   

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Mots-clés secondaires: Voiles_carènes_et_gréements

Les régates de trainières

Les régates de trainières (en basque traineru estropada, -ak au pluriel), qui sont des bateaux dérivés des anciennes baleinières, sont aussi typiques de la région que la Pelote Basque et extrêmement populaires : ce dimanche matin 3 heures d’émission ininterrompues sur la première chaîne de la télévision basque, plus que le Tour de France ! Avec des émissions quasi-quotidiennes, je ne connais aucun sport nautique qui bénéficie d’une telle couverture en France.

La plus grande régate de l’année, tenue le premier dimanche de septembre à Saint-Sébastien (Kontxako Estropadak, la Concha étant le nom de la baie de Saint-Sebastien, Donostia en basque), attire tous les ans plus de 200 000 spectateurs, dans une ambiance type America Cup : hélicoptères, bateaux de plaisance par centaines pour suivre la course.

A noter que ces régates sont moins populaires en France, les courses de trainières de Saint-Jean-de-Luz pourraient même ne pas avoir lieu cette année !

Historique :

Si bien sûr ces régates trouvent, comme toutes les régates, leur origine dans la rivalité des pêcheurs essayant d’arriver les premiers pour vendre leur poisson, elles sont des évènements sportifs depuis 1871, date d’une course historique opposant les villages de Hondarribia (Fontarrabie) et Pasaia. Les régates de Saint-Sébastien sont courues depuis 1879 et la création de nombreux clubs d’aviron de la côte remonte aux années 1860-1880.

Un championnat officiel opposant les équipes espagnoles du pays Basque, Cantabrie, Galice et Asturies est organisé tous les ans depuis 1944 en Espagne (gagné 43 fois par un équipage basque, 17 fois par un équipage cantabrique et 4 fois par un bateau galicien).


Un peu de technique :

Construction :

Si au début, les bateaux étaient des baleinières traditionnelles, construites en pin sur une charpente en chêne, ils ont évolué à partie des années 1930 vers des modèles plus légers adaptés à la course et sont maintenant des bateaux high-tech en composite carbone et kevlar.
Si les formes varient, des règles définissent la longueur HT (12 m max)), la largeur au bau (1.72 m max) et le poids (200 kg min sans équipage ni avirons).
L’équipage comprend 13 rameurs (1 rameur de proue et 2 x 6 rameurs de couple) et un barreur, le « patron » qui manipule un aviron de gouverne. Le rameur de tête rame indifféremment à bâbord ou tribord, l’aviron de gouverne est toujours à bâbord...

Technique de navigation :

Si la construction a évolué vers des matériaux exotiques (sans excès pour rester abordable : un bateau coûte environ 10 000 Euros) pour la coque et les avirons, les techniques de base sont restées très traditionnelles : utilisation de tolets simples fixes et d’un erseau en cordage pour retenir l’aviron, bancs de nage fixes, pas d’outriggers ni de pelles d’aviron « en cuillère » comme pour l’aviron de compétition. Le bruit particulier des estropes de chanvre des avirons sous l’effort est un des charmes de ces courses.
A noter que si les avirons de nage sont maintenant en carbone, l’aviron de gouverne et l’aviron de proue sont souvent encore en bois...

La course :

Les courses se tiennent en général sur un parcours de 3 milles nautiques, sur un trajet aller-retour avec un virement à une bouée (parfois quatre branches si l’état de la mer ou la configuration de la côte ne permettent pas de tracer une ligne droite de 1,5 NM). Les courses peuvent avoir lieu avec quatre bateaux en parallèle ou être du type « contre la montre » avec départs échelonnés toutes les minutes sur le même trajet.

Une particularité est le virement de la bouée (toujours abordée par la droite) : faire virer une carène aussi longue et fine n’est pas évident et nécessite une technique assez particulière pour virer au plus court : le rameur de proue utilise un aviron spécial muni d’une poignée permettant de le faire tourner sur l’axe du manche qu’il coince contre l’étrave et utilise comme safran auxiliaire pendant que le barreur utilise son aviron au maximum de ses forces... Impressionnant à voir exécuter !

Le virement de la bouée
L’aviron de proue à poste Le barreur en action Le rameur de proue en action

Les performances :

Elles sont assez extraordinaires : les meilleurs équipages maintiennent 36 à 37 battements/mn et font le parcours en un peu plus de 20 mn soit une moyenne de 9 noeuds, pour une carène dont la vitesse limite théorique est de l’ordre de 8.4 noeuds !
Les trainières sont maintenant équipées de balises GPS qui montrent des pointes à plus de 10 kts !

Les régates ont souvent lieu par mer assez grosse et la tenue de mer de ces bateaux étonnante : ils sont à peine ralentis.

Ces performances ont d’ailleurs amené à développer pour le jury des catamarans à moteur spéciaux qui sont les seuls à pouvoir les suivre dans le clapot sans soulever de sillage gênant.
 
Il faut dire que les équipages sont formés de « costauds » qui finissent souvent dans l’état de la figure ci-contre , à noter par ailleurs l’absence totale de non-régionaux dans les équipages...

Et les filles ?

Et bien, elles ne sont pas en reste et des régates féminines ont lieu en parallèle à celles des hommes, avec des performances tout aussi remarquables !

Pour ceux qui veulent une idée de l’évènement, la course de Saint-Sebastien l’an dernier :
http://www.youtube.com/watch?v=S4rK...

et les filles :
http://www.youtube.com/watch?v=GrL-...

UP


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2 Messages de forum

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  • 9 septembre 2012 15:47, par Négofol écrire     UP Animateur

    Avec la fin de la saison, je reste stupéfait de la couverture médiatique de ce sport : sur les quatre chaînes basques (ETB 1, 2, 3 et la chaîne satellitaire ETBK), maintenant parfaitement reçues dans le Pays Basque français (merci la TNT !), 3 h par jour au moins et plus de 6 h par jour ce dernier week-end pour les courses de Saint-Sébastien.
    Course gagnée en 19 mn 09 s (mer plate) soit 9,4 Kts...
    Je ne connais pas d’autre sport nautique bénéficiant d’un tel engouement ! Je suppose qu’il en est de même dans les autres régions de la côte Nord de l’’Espagne, le Pays Basque ne représentant que 1/3 des bateaux en course.
    Par contre, côté français, rien....

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  • 9 septembre 2012 16:41, par tilikum écrire     UP

    Un peu plus loin... en Martinique nous avons la course des yoles, une semaine de folie également bien retransmise en direct par tous les médias ! ;-)

    http://yoles-rondes.net/portail-fyr...

    _/)

    JPEG

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