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Pratiques et Techniques de la Plaisance

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Accueil du site > Articles > Voiles carènes et gréement > Echelle de mat en textile

Rubrique : Voiles carènes et gréement

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Echelle de mat en textileVersion imprimable de cet article Version imprimable

Publié Juin 2011, (màj Juin 2011) par : Basile   

Copyright : Les articles sont la propriété de leurs auteurs et ne peuvent pas être reproduits en partie ou totalité sans leur accord
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Fabriquer soi-même une échelle de mat

Pour monter au mat, différentes solutions ou moyens existent.

  • Ceux nécessitant une aide extérieure : chaise
  • Ceux pouvant être utilisés seul :
    • Échelons de mat posés à demeure (fixes ou rabattables).
    • Moyens amovibles (échelle textile, bois, alu, spéléo, corde à noeud).
    • Accessoires d’escalade utilisés sur drisses (poignées, grigri).

La solution par aide extérieure est contraignante pour tout le monde. Nécessité de planifier l’opération (rendez-vous). Nécessité d’une aide présente pendant toute la durée de l’opération ne permettant pas d’effectuer sereinement tous travaux peut-être utiles découverts une fois là-haut.

Les échelons de mat posés à demeure ne peuvent être envisagés que sur les bateaux de taille importante, pour lesquels le fardage supplémentaire qu’ils provoquent peut-être considéré comme négligeable comparé à la masse du bateau. Sur un bateau de taille moyenne ou petite, il faut du matériel amovible, ou alors la simple force des bras et jambes.

Matériel d’escalade :

Il se compose :

  • D’une poignée d’escalade (Pelz) pour monter,
  • D’un grigri pour assurer la sécurité et la descente en douceur,
  • Un baudrier

L’ensemble peut coûter de 150 € avec un baudrier de base, à 300 € voire plus avec un baudrier d’élagueur.

Cette technique, peut-être très bonne pour les habitués d’escalade ou spéléo, fait quand même usine à gaz pour un néophyte. Les instruments doivent être placés sur la drisse dans une position précise. Cette drisse doit faire minimum 10 mm, donc souvent il faut monter un bout spécifique car la drisse de GV est plus faible. Il faut ensuite soulever le corps en tirant la poignée d’une main tout en poussant d’une jambe. Ensuite monter la poignée tout en soulageant la jambe.

Pas évident déjà au magasin en présence du vendeur, et je vous laisse imaginer le sac de noeuds que vous ressortez d’un coffre une fois par an.

Echelle :

Elle peut-être en sangles et se hisse à la place de la GV. Des coulisseaux empêchent le débattement latéral. L’ensemble est assez cher. Par ailleurs, les « godets » où mettre les pieds peuvent se refermer. Vous n’avez pas non plus de « guides » pour les pieds comme sur une échelle, où il suffit de descendre naturellement le pied pour trouver l’échelon. Bref vous tâtonnez pour trouver le trou des godets.

On peut faire soi-même une échelle avec échelons de bois, alu, inox de récupération. Il faut dans ce cas bien positionner les noeuds pour éviter des écarts qui se cumulent et aboutissent à des échelons de travers. Les plaques ou cornières à acheter peuvent donner un prix assez élevé. Compter 30 échelons pour 10 mètres. J’ai donc utilisé des plaques alu de récupération, mais assez faibles en épaisseur. Pour vérifier si elles conviennent, poser un des futurs échelons entre 2 briques, et mettre tout son poids dessus. Mes plaques d’alu étant un peu faibles, j’ai utilisé 3 bouts (un central) pour répartir les efforts.

Chaque bout fait 6 mm (600 Kg mini de résistance par bout) ce qui est suffisant, en théorie, mais inquiétant en pratique. (photo 1)
Pour placer les noeuds à distance identique sur chaque bout, j’ai fait un gabarit. (photo 2)
Il suffit de souquer à la force de la main chaque bout et chaque noeud, ce qui donne une traction à peut près égale, donc un alignement correct sous tension. J’ai doublé le dernier échelon (celui d’en haut) pour répartir les efforts sur les autres bouts en cas de rupture de l’un d’eux. (photo 3)
Le dernier échelon (celui qui va en tête de mat) possède un noeud en dessous pour le poids du pied, et un au dessus, pour répartir les efforts de traction sur tous les bouts (photo 4)
Le gabarit est maintenant adapté pour positionner l’avant dernier échelon, à 25 cm (photos 5)
Positionnement des autres échelons : Le gabarit fait maintenant la longueur de 2 échelons (50 cm). Il le restera jusqu’à la fin. Le dernier échelon terminé est remonté (provisoirement) sous les noeuds du précédent (à gauche). Leurs noeuds vont servir de butée pour souquer les noeuds du nouvel échelon en préparation (à droite). (photo 7)
En souquant les nouveaux noeuds on contribue ainsi à tasser les noeuds précédents. A la fin de la fabrication, tous les échelons sont donc remontés sous le noeud de l’échelon supérieur. Pour l’utilisation, on les fera redescendre. On vient de terminer un échelon. On envoi tout au delà du gabarit pour faire le suivant. (photo 8). L’écart est momentanément de 50 cm, car l’avant dernier échelon n’est pas posé sur ses nœuds.
Ne pas oublier les coulisseaux (flottants dans ce montage). Ils sont tordus à l’air chaud pour rester dans l’axe (photo 9). J’en ai mis 1 tous les 2.50 m, mais c’est très limite, on n’est pas assez maintenu en latéral. Par la suite, j’ai ajouté des coulisseaux amovibles tous les échelons. Dans mon montage à 3 bouts, ils sont sur le bout central. Dans une construction classique à 2 bouts, les coulisseaux seront fixés sur les échelons.


D’en bas, c’est pas si haut que ça. Mais je vous garanti que même pas aux barre de flèches, on commence à baliser, surtout avec un seul coulisseau tous les 2.50 m. J’ai dû en ajouter 1 par échelon à partir de 2 m.

Il ne reste plus qu’à s’assurer. On peut opter pour une simple sangle de harnais passée à travers un échelon autour du mat une fois au sommet, mais la sécurité lors de l’ascension n’est pas assurée. On peut donc utiliser une poignée d’escalade en sécurité sur une deuxième drisse, qui a l’avantage de nous suivre lors de la progression.

Mise en place de l’échelle :

On envoie l’échelle en tête de mat à l’aide de la drisse de GV, puis on la tend fortement à l’aide du winch de pied de mat. Dans mon montage en bout de diam. 6, la longueur des échelons passe de 25 cm à 30 cm. L’allongement que vous ne faites pas vous-même au winch, sera fait par votre poids, avec l’inconvénient d’avoir le bas de l’échelle relâché, donc fort débattement en latéral.

On utilise ensuite la balancine pour s’assurer.

Attention, la drisse de la poignée d’escalade doit faire minimum 8 mm de diamètre. Cependant, à ce diamètre, lors d’une chute « lourde », il y a le risque que la gaine lâche et que la poignée ne parvienne pas à vous bloquer par manque d’épaisseur de l’âme de la drisse. Si vous avez ce risque, il faut envoyer une drisse de 10 mm. (Éventuellement inverser : drisse de GV pour la poignée, et balancine pour l’échelle). Personnellement, j’ai utilisé la drisse de 8, mais sans faire le guignol. Une fois en haut, j’avais toujours les pieds en appui sur l’échelle, et je ne mettais jamais tout mon poids sur le harnais, même pour percer, même pour me reposer. Pour me reposer, je mettais le dos contre le pataras.

Utilisation de la poignée d’escalade

La poignée d’ascension PETZL, réf B17R (R pour droitier) permet d’arrêter une chute pour 38 €. Pour notre usage, les trous inférieurs ne sont pas utiles. On se sert du gros trou supérieur pour passer un mousqueton à la fois dans le harnais et la poignée.


Lors de l’ascension, la poignée vous suit en glissant sur la drisse sans aucun à-coup, le poids de la drisse (au bout d’un ou deux mètres de montée) suffit à la maintenir tendue. Vérifier lors des premiers mètres si la drisse glisse bien, sans être entraînée avec vous par la poignée.

En cas de chute, le recul de la poignée ne serait-ce que de quelques millimètres, est impossible, par auto serrage sur la drisse. Vous ne tombez donc que de quelques centimètres, le temps que le harnais se tende. Inutile donc d’utiliser une drisse dynamique à effet amortisseur. Pour redescendre, il faut appuyer sur le mécanisme en permanence. On peut le libérer totalement pour les derniers mètres. La poignée fait son office dès le diamètre 8, mais par prudence, on peut mettre du 10, ou alors se contenter du diamètre 8 (comme moi) mais sans trop faire le zouave là-haut.

A noter que le mousqueton doit impérativement passer derrière la drisse, pour empêcher celle-ci de s’éloigner du fond de la gorge de la poignée. Sans cela, certaines chutes ou mauvaises utilisations de la poignée peuvent amener la drisse, par un mouvement vers la droite, à pousser sur le mécanisme de blocage et l’ouvrir. Le mousqueton bloque la drisse dans le couloir de la poignée. Le mécanisme bloqueur n’a plus qu’à venir s’appuyer dessus.

Conseil : passer les mains autour du mat lors de l’ascension, l’échelle bouge moins qu’en se cramponnant aux barreaux.

Conclusion.

Je vous avoue que ma première ascension ne fut pas faite avec le sourire. Arrêté aux barres de flèches, je suis redescendu le cœur battant, me disant que cette échelle est une belle ânerie. Mais maintenant, je ne pourrais plus m’en passer, appréciant le fait de ne pas être tributaire d’un copain, pouvoir prendre son temps en haut sans personne en bas qui s’impatiente, et pouvoir monter et descendre autant que nécessaire pour rechercher un outil selon les besoins

UP


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3 Messages de forum

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  • 26 juin 2011 12:03, par cetecry écrire     UP

    Quelques petits trucs qui facilitent l’usage de la sangle :
    chausser des godasses pointues.
    C’est pratique pour trouver la plus petite ouverture et la semelle soulage le pied.
    On peut aussi empeser (comme les cols de chemise à l’ancienne) les sangles, ça aide bien à l’ouverture.
    Bien fixer les coulisseaux et très courts sinon une légère sueur fraîche va parcourir le dos à partir des barres de flèches...

    Et l’échelle de basile est mieux !

    Répondre à ce message

  • 23 septembre 2013 09:28, par gerard777 écrire     UP  image

    Bonjour,

    Bravo pour cet article bien documenté. J’utilise la même méthode.
    Un petit truc supplémentaire pour la montée : je passe en haut de la poignée jumar, un bout de chambre à air de vélo, en forme de boucle d’un diamètre environ 50cm (à ajuster à la morphologie du grimpeur). On met juste cette boucle autour du cou. Ce qui permet pendant l’ascension, de ne plus avoir à se soucier de la poignée jumar : elle monte toute seule avec le mouvement du grimpeur.
    Par contre le mousqueton vers mon baudrier (ou chaise de calfat) est frappé au trou du bas de la poignée jumar. Habitude de montagne.

    Par contre, le plus pénible et lent, est la descente. Personnellement, je descend sur un Grigri, et retire la poignée jumar de la drisse. Ce qui permet de descendre « en rappel ».

    Amicalement,
    Gérard.

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    • 23 septembre 2013 10:33, par Basile écrire     UP     Ce message répond à ...

      bonjour.

      Effectivement, si tu mets le baudrier sur le trou du bas de la poignée, elle doit avoir tendance à basculer. Et qu’en est-il du risque d’ouverture accidentelle du mécanisme ?

      En ce qui me concerne, la drisse sur laquelle coulisse la poignée (spi pour moi, car elle fait 10 mm, donc plus sûr, elle ne risque pas de glisser), je la frappe au pied de mat, comme ça elle ne monte pas avec la poignée.

      Pour la descente, arrivé aux barres de flèche, je reprends confiance, et je débloque la poignée.

      Cordialement.

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