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Accueil du site > Littérature maritime > Les Beligoudins - aventures du capitaine Kerdubon > Tour du Péloponèse 1982 Fratrie 2 chap 5 c

Rubrique : Les Beligoudins - aventures du capitaine Kerdubon

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Tour du Péloponèse 1982 Fratrie 2 chap 5 cVersion imprimable de cet article Version imprimable

Publié 16 mai, (màj 16 mai) par : Collectif Salacia   

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Mots-clés secondaires: navigation_divers , Traditions_cultures

NDLR : merci à “Kerdubon” capitaine, marin, conteur et explorateur...

Vers la table des chapitres

tour du Péloponnèse 1982 Fratrie 2


*
La joyeuse bordée comprenant le fils et le frère de Madame, accompagnée d’un tout jeune espiègle neveu, débarqua... d’un bus… pour embarquer sur un ketch ! Cela se passa à Nauplie où j’ai obtenu un nouveau transit-log nous mettant le « Beligou » en règle avec les autorités

Première partie : de Nauplie à Corinthe

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  • Pour continuer le parcours autour du Péloponnèse, nous devions contourner l’isthme d’Argolide afin d’emprunter le canal de Corinthe et le golfe, pour finalement aller mettre le voilier en hivernage à Lefkas.
  • La navigation débuta par une descente cap au Sud Est, passant entre les îles Platia et et Psili, vers un premier mouillage à Kilada. Ensuite, ce fut un arrêt au bas de la presqu’île non loin du Cap Milanos à Porto Héli, une magnifique baie verdoyante de pinèdes, mais trop civilisée et forcément fréquentée par la horde touristique.
  • On aborda alors les superbes îles Saroniques couvertes de pinèdes descendant jusqu’à la mer.

Spetsai

  • A Spetsai, l’escale en baie Baltiza, nous fit passer devant des chantiers où l’on construisait en bois de jolis bateaux de pêche. On alla mettre le cul à quai juste au fond, étonnés que ce petit port ne soit fréquenté que par deux ou trois yachts. Où étaient passés les pétaradants et gros cabains cruisers ?
*

L’archipel Saronique était agréable et beau. On mouilla dans une anse déserte de l’île Dokos pour baignades obligées. Quel bonheur… il n’y avait pas de méduses et l’eau était chaude et claire comme du cristal.

Hydra

  • Arrivés de bonne heure à Hydra, on n’eut pas de mal à trouver un trou entre deux yachts pour mettre notre cul à quai. Evidemment, dès la fin de la matinée, les navires à passagers déversèrent la foule venue d’Athènes. Heureusement, nous étions déjà en piste sur les hauteurs de l’île, dans les ruelles ombragées et fleuries, vides de touristes, ceux-ci n’aimant pas grimper les degrés des paliers et encore moins la pente des rues de plus en plus étroites menant jusqu’au sommet de la montagne, point culminant du village (600mètres), là où l’air est plus léger, plus parfumé, là ou la vue est imprenable sur la ville étagée en contrebas, le port en demi cercle et la baie d’Hydra parsemée d’îles et d’îlots avec pour arrière plan les hautes montagnes d’Argolide.

Poros

  • Passant entre les dents rocheuses sentinelles du sud-est de l’Argolide, nous sommes allés à Poros. De gros pêcheurs encombraient les quais de leurs filets violets. L’île étant un peu en dehors des circuits touristiques était peu fréquentée, nous étions le seul yacht.
  • Un vieux cuirassé l’ « Averoff » datant peut-être de 1914 était mouillé en face des quais de l’arsenal.
  • Poros était une place forte de la Marine Grecque, il y avait partout des pancartes interdisant de prendre des photos… comme si les satellites n’existaient pas ! L’île se révéla très belle.
  • Grimpant dans la montagne, on arriva au pittoresque couvent de la Panagnia (la Vierge). Les moines étaient accueillants, mais il fallait avoir une tenue décente, notamment porter des pantalons, surtout pas de shorts pour les hommes et bien entendu, des robes longues pour les femmes. Moyennant une modeste obole… il n’y a pas de petits profits… pour servir Dieu un peu mieux, on emprunta de longs coupons de tissus de bure bleu gris, roulés en robe à partir de la taille. Certes, ces robes sentaient un peu l’aigre, (l’odeur de sainteté ?)...mais ils nous firent beaucoup rire... et les moines furent ravis.
  • Manque plus que leur noir tuyau de poële sur la cabèche, vu que j’ai déjà la barbouse… pour avoir le costume complet !
    • Toi qui vis en désordre… t’aurais l’air malin dans les ordres !
  • Pitêt’… mais… le malin se planque où il peut quand çà sent l’eau bénite… toi qui préfère le bikini à la robe du soir… où se cacherait-il ?... Pourquoi pas là où est ton bénitier ?... C’est du moins d’habitude ce que l’église prétend… à ce que disait notre bon Recteur qui avait ouï tant de... confessions !

Perdika
Plein Nord, face au Meltem de force moyenne, en deux grands bords, on atteignit la baie Perdika au Sud Ouest le l’île d’Egine pour y mouiller la nuit.

Corinthe
Le Captain du « Béligou » ayant craché au bassinet des autorités, on emprunta le Canal de Corinthe le 14 août. La profonde et nette saillie coupe l’isthme et transformerait tout le Péloponnèse en île, si un pont le surplombant, tel une agrafe ne le faisait encore tenir au continent.

  • L’Acrocorinthe, l’antique Acropole, immense forteresse qui surplombe la ville de Corinthe recèle les traces de tous les envahisseurs du Péloponnèse, quoiqu’il ait tout de même fallu cinq ans de siège aux Francs pour s’en emparer. On y monta pour jouir d’un panorama unique. Vue de l’isthme, des hautes montagnes continentales du Parnasse dans le Nord lointain, du golfe et l’île de Salamine à droite, ainsi que celle du golfe de Corinthe à gauche.
  • Sur les pentes exposées du bon côté, le raisin n’était pas… confit, mais en cours de récolte, les grappes étaient juteuses, d’un sirop doux comme du miel. Dans la nouvelle ville basse, une pâtisserie sortant de l’ordinaire avoisinait les quais. Dame Kerdubon et « Olive » le fils de son frère y apprécièrent... les douceurs grecques !
    • Pour un jeune gamin peu ouvert aux subtilités de la voile, les traversées de quatre à cinq heures paraissaient horriblement longues et la visite de sites ou la rencontre d’autres voileux n’étaient pas son pied… En un mot, il s’ennuyait à bord et cherchant quoi inventer, devenait désagréable à tous, surtout lorsqu’il imaginait et réalisait une bêtise plus ou moins grosse. C’est ainsi qu’à l’heure vespérale, il largua la balancine, faisant chuter la lourde baume avec sa grand’voile ferlée, en plein sur le crâne du fils à Madame, lequel revenant de son KO technique, constata que malgré une bosse, il avait la tête dure… ce que sa mère avait d’ailleurs constaté depuis bien longtemps.

Deuxième partie de Corinthe à Naupactos (Lépante)

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Itea et Delphes

  • Rejoignant la côte Nord du Golfe, mouillage en baie d’Antikira (Isidorou) avant d’aller s’amarrer le long du môle à Itéa. Bien ficelé au quai en solide béton, le voilier ne risquant en principe rien, nous allions pouvoir de visiter Delphes situé à une trentaine de kilomètres sur les flancs de la chaîne du Parnasse.
  • Le premier bus sur les coups de 6 heures nous emporta parmi les oliveraies par une route assez accidentée. Etant parmi les premiers visiteurs, nous n’allions pas être gênés par la foule des touristes débarquant des bus en cours de matinée… De même, nous ne subirions pas la chaleur écrasante.
  • Le stade est au sommet du site. Les murs du stade parfaitement conservés, ont des plaques commémoratives du genre : « A la mémoire de Un tel qui a battu le record »… ou de tel autre athlète s’étant distingué. Cependant, juste à l’entrée, là où devait se tenir… « La cabane à tickets », une plaque de marbre datant du temps où la Pythie un peu plus bas, sur son trépied, était consultée par les plus grands de ses contemporains, était gravé en gros caractères : « Il est interdit de faire entrer du vin dans l’enceinte du stade ».
  • De retour à Itea, je vis avec surprise les pêcheurs aux alentours de notre voilier, ainsi que ceux qui étaient à l’ancre, prendre la fuite à toute vitesse pour s’amarrer de l’autre côté du môle. Une nuée obscure et parcourue d’éclairs s’approchait à grande vitesse, en même temps que se levait un fort vent,
    • Je n’eus que le temps de démarrer la bourrique et larguer les amarres, lorsque le vent se mit à fraîchir avec une violence inouïe. L’oiseau Béligou manqua d’être plaqué contre le béton irrégulier du môle mais s’envola à temps, puis s’amarra comme les pêcheurs de l’autre côté abrité du môle. La furie orageuse de vent et de pluie dura un petit quart d’heure, puis le ciel redevint serein…
    • Le calme revenu, comme s’il ne s’était rien passé, il était temps de dire une grand messe retzineuse reconnaissante envers le tonnerre de Zeus qui nous avait heureusement épargnés.

Trisonia et Naupactos

  • Après un mouillage dans une anse abritée de l’île Trisonia, non loin du détroit de Rion fermant le golfe de Corinthe, on arriva au soleil couchant à Naupactos (Lépante), non sans avoir tiré des bords contre un vent d’Ouest... en plein de face,
  • Dans les remparts bellement éclairés par le rouge du soleil, entre deux tours médiévales des remparts crénelés, bâbord amures sur notre dernier bord, on trouva le trou permettant d’entrer au port minuscule et circulaire.
    • Il y avait un tout petit quai le long du rempart ouest qui offrait peu de places aux plaisanciers de passages. Autrement, c’était un entrelacement d’aussières et cordages tendus d’un bord à l’autre du bassin par les barques des pêcheurs.
    • Heureusement, un voilier tardif appareillait. On mouilla de l’arrière pour se glisser à sa place, l’étrave contre le quai. La ville était étagée au pied des ruines proprement aménagées de la citadelle dominant le sommet d’une colline et entre les remparts aboutissant aux deux tours contrôlant l’entrée du port. Elle était animée et sympathique.

De Naupactos à Nidri

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Petala

  • Longeant la côte sud de l’Epire, nous avons mouillé en baie de Petala. Madame et l’équipage allaient prendre un bain agréable, lorsque des pêcheurs rentrant du large, vinrent nous dire que l’endroit était infesté de requins en raison d’une usine conserverie de poisson installée au fond, laquelle rejetait ses déchets de tripaille et de sang... dans la mer poubelle.

Kalamos puis Nidri
Après une escale à Kalamos, le retour à Nidri Steno au chantier Konidaris signifia que c’était la fin de la croisière. Le « Beligou » fut mis à sec.

Retour en auto

  • Ô surprise !... la superbe Renault Major empruntée par les copains… avait pété son joint de culasse et il n’y en avait pas de rechange... dans toute la Grèce !
  • Un copain anglais, mécano de son métier, aidé du fils à Madame, firent un joint de culasse tout neuf… en ciment ! Malheureusement, quelques minuscules trous correspondant à des conduites incertaines voir douteuses se trouvèrent obstruées... et le moteur chauffait.
  • Qu’à cela ne tienne, des boites vides de coca-cola calèrent le capot entrouvert tenu par des sandows… et roule ma poule. Le chien et toute la famille y embarqua.
    On prit le ferry à Igouménitza, on traversa l’Italie et la frontière sous l’œil suspicieux des gabelous, intrigués par ce véhicule fumant, lequel réclamait souvent de refaire le plein d’eau du radiateur. On remonta de Nice par l’Auvergne… ce qui laisse à supposer pas mal de côtes à monter en seconde… et on arriva à poste.
Quelle bonne bagnole !... Elle était maintenant bonne pour la casse… quelle ingratitude de notre part !

Kerdubon

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