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Accueil du site > Articles > Mouillages et ports > Grèce > Mouillages et ports en mer Egée > Petites Cyclades > Keros la pré-cycladique

Rubrique : Petites Cyclades

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Keros la pré-cycladiqueVersion imprimable de cet article Version imprimable

Publié 3 juillet, (màj 7 juillet) par : lysigee  image    yoruk   

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Dhaskalio la pyramide sacrée

Keros

Cet article a été réalisé en coopération avec les membres du groupe Facebook « Plaisancier Francophones en Grèce »

ndlr, et préambule : bien que connaissant parfaitement la région, aucun des deux auteurs n’a jamais mouillé à Keros. D’ailleurs plus personne ne mouille à Keros, le site est interdit au titre de la conservation du patrimoine archéologique grec.
Keros, la plus grande des Petites Cyclades, pelée, aride, sans plage pour débarquer, balayée par le Meltem en été et les dépressions de SE en hiver, Keros depuis le 17 juillet 2019 est devenue le centre de la pensée archéologique grecque. Des experts de Cambridge, ont mis à jour une révolution intellectuelle expliquant le rayonnement de la civilisation pré cycladique entre 3.200 et 2.200 av JC. Tout l’esthétisme dont nous sommes imprégnés découle de cette découverte, y compris ses formes les plus récentes, celles de Picasso, du cubisme et le surréalisme. Expliquant aussi la recherche quotidienne et ordinaire du goût des grecs pour l’harmonie et la grâce...

“Grèce”/ mer Égée/Petites Cyclades/Keros

Guides et documents, liens utiles pour cette zone

  • Cruiserswiki Keros : rien de spécifique, mais traité dans le chapitre sur Koufonisia, à jour, régulièrement visité, informations contrôlées. pour nous, les meilleurs. Cependant, un peu limités sur cette zone. En anglais, mais bien traduit par le traducteur automatique Google
  • Sea Seek Keros : pratiquement rien, quelques infos sur les passes de Dhrima pompées sans honte sur Rod Heikell.
  • Guide de Méditerranée Keros : rien
  • Navily Anti Keros : clinquant, commentaires consommateurs irréguliers, aucun contrôle, publicité intempestive.

SITUATION

36° 51.9317’ N 025° 38.6545’ E

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idole cycladique
origine Amorgos Musée d’Athènes
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idole cycladique
origine palais de Knossos musée d’Héraklion

Sa position aujourd’hui offre peut d’intérêt, on ne peut pas y débarquer. Sa situation à l’âge de bronze, elle, par contre, interpelle sur l’intérêt récent des archéologues. On ne connaissait que des informations succinctes sur l’époque pré cycladique. Informations partielles liées aux études sommaires faites sur les objets pillés sans les références scientifiques qu’auraient du apporter des fouilles méthodiques. Le plus fameux exemple reste celui des idoles cycladiques d’Amorgos, splendeurs à l’origine inexpliqués. Ainsi, que d’autres idoles échangées, vendues, telle cette statue retrouvée en Crète (crédit photo : R Curbet), donc fatalement plusieurs siècles plus tard, et posant la question légitime de l’origine de ces merveilles créées dans une île perdue, et probablement trè peu peuplée à l’époque de l’âge de bronze ???
La réponse nous a été donnée par les fouilles des sépulcres de Keros et, sur l’îlot sacré : le promontoire de Dhaskalio. Dans notre monde obsédé par la réduction des temps de communication et la sécurisation des ressources naturelles, il peut être difficile de comprendre l’ancien attrait de Dhaskalio. Situé à la pointe éloignée d’une île peu peuplée, le site n’avait apparemment que peu d’attrait pour les visiteurs. Pourtant, ils sont venus en nombre suffisant pour créer un type de peuplement jamais vu en Europe ndlr, voir note [1]. Il y a plus de 4500 ans, les constructeurs ont creusé toute la surface d’un promontoire en forme de pyramide naturelle sur l’île grecque de Keros. Ils l’ont façonné en terrasses recouvertes de 1000 tonnes de pierre blanche étincelante spécialement importée pour lui donner l’apparence d’une pyramide à degrés géante s’élevant de la mer Égée : la structure artificielle la plus imposante de tout l’archipel des Cyclades.

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Evolution des civilisations méditerranéennes
Où l’on voit bien qu’il manquait un élément dans l’évolution égéenne, coincée entre les puissances égyptiennes et anatoliennes
  • Quand ??? On sait dater cette époque : entre 3000 et 2000 av JC, mais la précision avec laquelle ces marins ont voyagé n’est pas claire, tout comme l’endroit (ou, plus probablement, les endroits) d’où ils ont embarqué. Note sur l’embarquement : [2]
  • Pourquoi ???
    • Pour la religion Ce qui est certain, c’est qu’à bord de leurs vaisseaux se trouvaient des fragments d’artefacts pré-brisés tels que des pots, des bols en marbre et des figurines en marbre. Pour les yeux modernes, une telle cargaison semble curieuse, mais ces « marchandises » ont joué un rôle clé dans ce qui peut être décrit comme le premier sanctuaire religieux maritime au monde. Sanctuaire limité géographiquement à l’ouest de Keros, en proximité du promontoire de Dhaskalio. Sanctuaires recevant le dépôt rituel des sculptures brisées. À l’époque, cela comprenait probablement un passage ou un gué reliant Keros à Dhaskalio. voir note : [3] permettant à de premiers visiteurs d’ajouter leurs figurines de marbre cassées à l’un des dépôts spéciaux, probablement dans le cadre d’un acte de dévotion. Ils en ont fait un lieu sacré et très vite un centre technologique inspirant le respect...
    • Pour la technologie On ne sait pas précisément comment cette technologie des métaux s’est développée ici. Elle était connue sur le plateau anatolien depuis plusieurs siècles. Mais la communication maritime à l’époque (2700 av JC) ne pouvait venir que de l’Attique, ou d’une île proche déjà technologiquement développée et qui aurait trouvé sur place une bonne configuration de soufflerie pour entretenir un feu puissant. Peut être existait il du minerai de cuivre sur Keros, en petite quantités, mais bénéficiant de vents violents, conditions parfaites pour atteindre la température élevée nécessaire à la fonte du métal. voir note : [4]
      Mais la seule technologie des métaux, ne suffit pas pour expliquer cet essor. Il a du être soutenu par tout un ensemble social associant de nombreux métiers, et ce dans un cadre hostile en gardant bien en tête que cet équilibre est lié impérativement à leur moyen de déplacement : «  le bateau  ». Sans bateau, pas de pèlerins, pas d’échanges, pas d’approvisionnement (nourriture comme minerai, bois et toutes matières premières)
  • Qui ??? Selon les chercheurs travaillant actuellement sur le site, la colonie de Dhaskalio et le sanctuaire voisin semblent avoir été utilisés pendant environ 400 ans avant d’être abandonnés, mais, quelle population, vivait exactement à Dhaskalio est toujours un mystère. Le site a été occupé pendant plus de 400 ans, donc sa population a évolué. Les recherches en ce sens sont concentrées sur ceux qui pratiquent des activités artisanales intenses (fabrication d’outils métalliques) sur le site autour 2600-2500 avant JC ".
  • Où ??? Reste posée cette question, sur la situation : pourquoi Keros ???
    • Soit ils étaient en place depuis le néolithique, et se sont développés sur les îles offrant les meilleures opportunité de vie, et parmi celles-ci : Naxos
    • Soit ils ont bénéficié de routes maritimes archipellagiques des Cyclades, en privilégiant l’axe Kea => Syros => Naxos
    • Ou d’une route maritime offrant à peu près les mêmes avantages, ils auraient pu opter pour un axe Kea => Kithnos => Serifos => Sifnos => Milos, route qui a peut être été en concurrence.
  • Mais, si l’on imagine la splendeur de Dhaskalio couvert du meilleur marbre blanc de Naxos, pyramide sur l’eau, de toute évidence son aspect sacré en a fait la destination de tous les courants religieux, technologiques et commerciaux. Tant que l’architecture navale n’aura pas accompli les progrès qui permettrons aux achéens et aux mycéniens d’aller détruire Troy et Knossos... A ce moment viendra le temps des barbares et la civilisation cycladique dépérira...

CONDITIONS MÉTÉOROLOGIQUES

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Topographie
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Courants type en été

Courants La remontée des fonds sur la zone des Petites Cyclades délimite deux zones d’action du courant, à l’Est où les courants resteront faibles, par contre au nord et à l’ouest, le vortex qui s’établit entre Donoussa, Naxos et Amorgos peut provoquer des courants forts, aléatoires, pouvant même s’opposer au vent locaux. Pour N.D Elias sur cette zone de vortex, à la côte de Naxos, 75% des courants soufflent de secteur Nord, pouvant atteindre entre 1 et 2 nœuds.
Vents En été, le Meltem prédomine se levant le matin vers 10 H locale de secteur NE. Contrairement aux autres îles des Petites Cyclades, la bascule au NW, l’après midi sera amortie par la présence des hauteurs montagneuses de Naxos. Il tombe généralement la nuit. mais il est toujours là, et on l’entend, il est simplement monté un peu en altitude. S’il ne mollit pas la nuit, alors il peut être extrêmement violant le lendemain.

Orages dangereux, parce qu’imprévisibles, ils se produisent au printemps et surtout à l’automne, généré par les contrastes thermiques issus de la puissante épine montagneuse orientée N => S de Naxos culminant à plus de 1000 m sur toute la longueur de Naxos

MOUILLAGES

Groupe Karos - Andikaros - Dhrima

Nisis Karos
36° 51.9317’ N 025° 38.6545’ E Groupe de 3 îles composé de Karos (ou Keros) la plus grosse des îles des Petites Cyclades et au S/SE à 2 milles de deux petites îles séparées par un chenal : Nisis Dhrima à l’ouest et Nisis Andikaros à l’Est
  • Protection : aucune pour Karos, la petite anse indiquée comme mouillage au sud de l’île, par Navionics n’est pas à jour (07/2020), toute l’île est interdite au mouillage
  • Approches : délicate dans tous les temps. la passe entre Dhrima et Andikaros est claire avec 4 m d’eau. Au SW de Karos, et sur un mille, une chaussée marquée par un phare s’étend sur plus d’un mille, sur une axe N=>S
  • Fonds  : fonds de roches et d’herbes

N Dhrima/N Andikaros
36° 50.3480’ N 025° 40.8534’ E Groupe de 2 îles composé de Nisis Dhrima à l’ouest et Nisis Andikaros à l’Est séparées par un chenal :
  • Protection : Bonne, même par Meltem au SE de la passe. Ce peut être une bonne solution d’attente, pour traverser vers Katapola en Amorgos, quand le meltem est trop dur. On pourra traverser vent de travers (ça va très vite !!!)
  • Approches : sans problème sauf à parer une roche affleurante au NE de Andikaros, haut fond s’étendant sur 1/4 de milles, difficile à identifier avec du Meltem.
    Le chenal entre les deux îles, permet un raccourci entre Katapola et le sud de Naxos. Avec 4 m de fond, il se pratique sans problème, par beau temps.
  • Fonds  : fonds de sable de bonne tenue, on mouille par #5m au SE de la passe. Eaux translucides !!!
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Île de Keros, vue de la côte nord, crédit photo sy Moussaillon Julie Giacomino
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Passe de Dhrima vue vers le nord crédit photo : sy Moussaillon Julie Giacomino
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Passe de Dhrima vue vers le sud crédit photo : sy Moussaillon Julie Giacomino

RÉPARATIONS, ENTRETIEN, SERVICES

Rien... juste un mouillage de rêve. l’île est inabordable

AMBIANCE

ndlr : Maintenant que l’on sait... on peut toujours aller reconnaître Dhaskalio, l’îlot sacré ! J’y suis déjà passé trois fois, sans y prêter attention !!!

HISTOIRE

Les premiers habitants identifiés des Cyclades sont les Phéniciens, les Cariens et les Lèleges de la période du mésolithique, entre 7500 et 6500 avant JC. La civilisation cycladique spécifique n’apparaît qu’à la fin du quatrième millénaire.

La période de Grotta-Pelos : 3200-2880
Cette période est la plus ancienne culture cycladique de l’âge de Bronze. Elle marque le véritable début de l’épanouissement de la culture des Cyclades. Elle doit son nom aux découvertes archéologiques du britannique Colin Renfrew à Grotta et Pélos sur l’île de Naxos
On n’a retrouvé aucun vestige architectural de cette période, hormis des vestiges de murs dans des cimetières. Dans quelques tombes ont été trouvées des figurines en marbre inaugurant la série des célèbres « idoles cycladiques » Ces figurines de marbre appartiennent à trois grands groupes :

  • le groupe de Plastiras livre des figurines en marbre. La tête est ovale, le nez en relief, la bouche parfois incisée, les mains jointes sous la poitrine et les jambes séparées ; les oreilles et les rotules sont particulièrement proéminentes
  • le groupe de Louros assure la transition avec le Cycladique ancien II. Il livre des statuettes à tête triangulaire et aux bras réduits prolongés horizontalement au niveau. Les traits du visage ont peut-être été peints.
  • enfin un troisième type, dit « schématique » se contente de schématiser les formes, rappelant souvent les violons…

La période de Kéros-Syros : 2880-2300

Cette culture s’étend à l’ensemble des Cyclades et on a affaire à une culture relativement unifiée Les Cycladiens utilisent l’argile, le cuivre et la pierre pour confectionner des armes, des outils, des ustensiles, des bijoux et des objets de culte. Grâce à une métallurgie florissante et à la navigation, les Cyclades deviennent un centre commercial interrégional.
Grâce à la présence de minerai, la métallurgie cycladique connaît une période florissante. On utilise surtout le cuivre de l’île de Kythnos et du mont Laurion en Attique. Sur l’île de Sifnos on a trouvé les vestiges d’une exploitation d’argent et de plomb. En outre, le commerce de l’obsidienne est plus florissant qu’il ne l’avait jamais été.

  • L’augmentation de la population influe sur l’extension et l’organisation des habitats. Les sites principaux sont Haghia Irini sur (Kéa) et Skarkos à Ios. Haghia Irini conserve quelques maisons axiales construites en schiste et comptant un étage. A Skarkos, on a identifié une ruelle donnant sur une place entourée de plusieurs maisons en pierre. Elles comptent un étage et quelques murs hauts de 3m sont conservés.
  • Les cimetières sont nettement plus grands, entouré de murs en pierre sèche. Le plus important, celui de Chalandriani sur l’île de Syros comporte environ 600 tombes dont une dizaine contient deux corps. A Chalandriani quelques tombes voûtées font leur apparition. Ailleurs, les inhumations multiples sont courantes ; ces tombes ont ainsi été conçues pour recevoir plusieurs personnes. Ces tombes ont plusieurs étages et pour en faciliter l’accès, l’une des côtés courts n’est plus construit d’une seule dalle mais d’un petit muret en pierres sèches. Les sols de galets et les pierres de têtes sont courants. La richesse des offrandes est frappante : ce sont des idoles et des vases en marbre, des poêles à frire, des bijoux et des outils en métal.
  • Keros considéré comme le centre des Petites Cyclades : La période Kéros-Syros est souvent considérée comme l’apogée de la culture cycladique. Elle tire son nom de la Petite Cyclade, aujourd’hui désertée, Kéros, au sud de Naxos et de l’ile de Syros. Elle est aussi la mieux connue, en partie grâce à l’abondance des objets découverts dans les tombes.
  • Les habitats étaient plus grands, atteignant la taille d’un village cycladique actuel, mieux organisés, voire planifiés et mieux construits. Ils étaient situés en bord de mer. Les habitants des iles en tiraient une partie de leur nourriture, mais ils étaient aussi des commerçants qui naviguaient. Les plaines littorales offraient aussi de l’eau potable et des possibilités d’agriculture. Cependant, on connait quelques sites fortifiés sur des hauteurs (Kastri sur Syros, Panormos sur Naxos ou le sommet du « mont » Kynthos sur Délos) mais des maisons étaient construites parfois hors des remparts. La métallurgie du cuivre était très répandue. Poterie et sculpture étaient très développées et inspiraient les cultures voisines

Les Petites Cyclades, la perte d’influence, puis la fin

Livrée à la domination minoenne, puis achéenne, romaine, puis aux luttes qui opposèrent les pirates, les ottomans, les vénitiens, les génois, elles finirent désertées, servant de lieux de pâturage. Toutes sauf Donoussa appartenaient au monastère de la Chozoviotissa d’Amorgos. Elles furent progressivement colonisées par des habitants d’Amorgos à partir du 18e siècle, l’habitat finissant par devenir permanent au 19e siècle, suite à l’expropriation d’une partie des terres du monastère après la guerre d’indépendance. Elles acquirent successivement leur autonomie administrative à partir des années 1920.
Aujourd’hui seules Iraklia, Schinoussa, Donoussa et Epano Koufonissi sont habitées. Administrativement, les petites Cyclades dépendent à présent de Naxos (étonnant retour de l’histoire !!!)

CULTURE


Route de la civilisation pré-cycladique  [5]

Mouvement dans l’ère du temps, à la même époque, les égyptiens se lançaient dans l’érection de la grande pyramide de Gizeh, en Anatolie, démarrait la production intensive du bronze et la fondation du site de Troie. Là où les facilités de déplacement permirent aux égyptiens et aux Hittites un développement économique rapide et important, les grecs se voyaient limités par leurs moyens maritimes. Il fallait des îles accueillantes, des plages pour sécuriser les bateaux, de l’eau douce et la trilogie économique des Cyclades : cultures vivrières, élevage extensif et pêche côtière .

  • S’il est parti de l’Attique, le cheminement maritime a suivi la logique des marins, choisissant les meilleurs options de développement, tout en s’adaptant aux contraintes matérielles, climatiques et ... sociales (les îliens n’ont pas toujours bon caractère)
  • Si au contraire, comme cela semble être admis aujourd’hui, la puissance économique est partie de Naxos, mais toujours en respectant des règles maritimes, les échanges se faisant prioritairement, parce que plus faciles, sur cet axe
    • de l’Attique à Kea : 12 milles
    • de Kea à Siros : 24 milles (2 x 12 milles si arrêt à Yiaros)
    • de Siros à Naxos : 26 milles (20 + 6 si arrêt à Naoussa, et 12 + 16 si arrêt à Delos)
    • de Naxos à Koufonisia : 2 milles
    • de Koufonisia à Keros : 1 mille

Ce que l’on sait sur l’architecture navale de cette époque

Au crédit de notre théorie sur l’adéquation entre les bateaux et les plages seules capables d’accueillir les flottes importantes assurant le ravitaillement de Keros, cette étude de L. Basch source, voir note : [6]

  • Navire des Cyclades du type de Syros. Il est représenté ici, vers 2500 ans avant J.-C. sur cet objet probablement religieux en forme de poêle à frire et qui porte le nom de « poêlon de Syros ». Il figure un navire dont le dessin au milieu des vagues (spirales) et se retrouve également sur une dizaine de récipients en terre cuite conservés au Musée National d’Athènes.
  • Il pose trois problèmes :
    • Celui de sa propulsion qui semble être le fait de pagaïes (pour une vingtaine de rameurs), ce qui expliquerait l’absence de gouvernail.
    • Celui de la distinction entre la poupe et la proue. Si beaucoup des marins reconnaissent que la poupe correspond à la partie la plus élevée du bateau, la plupart des spécialistes de la question pense que la direction donnée par le poisson figurant au sommet de la hampe fournit une indication valable pour la direction prise par le navire lui-même. La partie la plus haute du navire correspondrait alors à la proue.
    • Celui de « l’éperon » qui, pour BASCH, pourrait constituer un appendice « caudal » destiné peut-être à amortir les chocs à l’échouage.

Ce navire incisé est l’un des plus beaux de la série de poêlons découverts sur l’île de Syros. Il est daté de la période Cycladique ancien II, 2800-2300 av. J.-C. lire Note, Origine PDF Rene TREUIL : [7]

Keros : Ce que nous a montré les travaux archéologiques de l’équipe de Cambridge

  • On connait maintenant la route maritime qui a servi d’axe au développement de la civilisation pré-cycladique
  • On peut étudier toute l’étendue des objets et des rites funéraires
  • On peut analyser leur niveau de qualité technologique
  • On peut comprendre leur exigence esthétique, et on comprend aussi qu’elle s’inscrit dans un cadre d’excellence
  • Enfin, et surtout ce cadre d’excellence et d’harmonie a été façonné par la mer... omniprésente. Or on ne transige pas avec la mer, comme on pourrait tricher avec la terre, et ça reste encore aujourd’hui la règle en Mer Égée.

Ce que ne nous disent pas les terriens qui creusent ces sites archéologiques :

  • Comment entretenir une telle flotte
  • Comment et où sécuriser les bateaux
  • Comment ont ils fait pour transporter les 7.000 à 10.000 tonnes de marbre depuis Naxos
  • Accessoirement : comment nourrir les centaines, voire les milliers de pèlerins et de visiteurs, venant négocier ou se recueillir sur cette antique « Silicon Valley »
  • La réponse à tout celà sera peut être donné par le potentiel des îles Koufonisia que les dieux de l’Olympe avaient aimablement installé à 1 mille de Dhaskalio, et à 2 milles de Naxos productrice des matière premières nécessaires à l’activité technologique de l’île

Ce que nous en disent Jean-Claude POURSAT et René TREUIL :
L’archéologie cycladique, par ailleurs, ne se confond pas avec celle des Cyclades : le terme est aussi faux que commode. Au Bronze ancien, en particulier, la civilisation qui fleurit dans l’archipel s’étend également, sans altérations notables, dans l’est du Péloponnèse, en Attique et en Eubée : les archéologues voient là, parfois, des « colonies » cycladiques, mais il s’agit en fait d’un seul et même ensemble. Inversement, toute une série d’îles, en particulier celles du nord, semblent rester à l’écart de ces développements, si l’on en juge par la rareté des trouvailles : c’est le cas d’Ikaria, de Ténos et d’Andros. Les découvertes se concentrent en fait dans un petit nombre d’îles, de Syros à Ios, de Naxos à Amorgos. Et ce qui vaut pour le Bronze ancien peut aussi bien valoir pour les périodes suivantes « les unités culturelles ne coïncidant pas nécessairement avec les entités géographiques. »

Documentation
ndlr : Remerciement : à tous les auteurs, des éditeurs, les encyclopédistes que nous avons allègrement pillé. C’est fait dans un but pédagogique, ils sont systématiquement cités, qu’ils nous pardonnent, merci d’avance
Bien sur, c’est un choc, et nous manquons de documentation organisée et méthodique, surtout en français. La France semble s’être désintéressée de cette découverte majeure. Pour vous si vous souhaitez approfondir, quelques liens et une vidéo saisissante !
Tout d’abord, honneur à elle, une française qui présente bien ce dossier :

Christine Moulin :

Sur Wikipedia :

Sur le web

Sur YouTube

  • Cette courte vidéo de la « Natiional Geographic »

et pour finir, deux PDF français, excellents, édités par l’encyclopédie Universalis, A lire ici ou à récupérer en PDF :

1) ART ET ARCHÉOLOGIE DES CYCLADES

par : Jean-Claude POURSAT : professeur émérite à l’université Blaise-Pascal, Clermont-Ferrand, et René TREUIL : professeur à l’université de Paris-I
PDF - 79.8 ko
2) LE MONDE EGEEN

par:Olivier PELON : maître de conférences d’archéologie du Proche-Orient à l’université de Lyon-II
PDF - 130.5 ko

[1] De ce point de vue il s’agit d’une vision restrictive d’une Europe encore plongée dans l’obscurantisme ! Il faudrait probablement mieux interpréter cette démarche comme structurante d’un avenir artistique en développement, et quel développement si on considère la forme qu’elle a prise chez nous, 40 siècles plus tard

[2] Concernant la précision des lieux d’embarquement, selon un avis maritime de bon sens : ces bateaux ne naviguaient qu’à la belle saison, sous le régime d’un vent violent : le Meltem, et sur des embarcations fatalement sommaires, sans voiles, uniquement à rames courtes, quasiment des pagaies, à proue relevée, sans soutes ni moyens de stockage. Ils ne pouvaient parcourir que de faibles distances, ne navigant par sécurité que quelques heures, en gardant du temps pour trouver des options fiables de navigation. Sans réserves, il leur fallait impérativement trouver des escales assurant leur subsistance (eau, nourriture, repos) Lieux qu’ils ont fatalement colonisés. Naxos peut être cette plateforme, les îles de Koufonisia procurant les plages sécurisant la flotte de transit

[3] ndlr : si à l’époque, une chaussée (aujourd’hui engloutie) reliait Dhaskalio à Keros, alors, elle formait une excellente rade contre les vents dominants

[4] La métallurgie se définit comme un traitement thermique permettant l’extraction de métaux à partir de minerai. Elle nécessite un savoir-faire parfait de l’art du feu, acquis avec la cuisson de la céramique. Il existe d’ailleurs une parenté certaine entre le four du potier et le four du bronzier. Pour extraire un métal d’un minerai, il faut la maîtrise de fours à haute température (le cuivre fond à 1.084 °c ; son addition avec l’étain abaisse considérablement le point de fusion). voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%8...

[5] Note : voir sur la video longue du professeur Colin Renfrew entre 01:00:48 et 01:04:00, son explication sur les options d’échanges commerciaux, cheminement fatalement maritime https://www.youtube.com/watch?v=epw...

[6] L. Basch, Le musée imaginaire de la marine antique (MIMA), Institut hellénique pour la préservation de la tradition nautique, Athènes , 1987
http://www.marine-antique.net/Poelo...

[7] L’art décoratif des Cyclades est sans doute le mieux représenté sur des objets en terre cuite, auxquels leur forme particulière a valu l’appellation de « poêles à frire ». Mais l’emplacement du décor et le détail du profil laissent penser qu’il s’agit plutôt de couvercles faits pour être posés sur des récipients. Ces objets portent presque tous un décor incisé et estampé, incrusté d’une matière blanche crayeuse qui le fait ressortir sur le fond sombre de la pâte ; ils sont ornés de motifs de spirales enchaînées, mais aussi de grandes étoiles ou d’éléments circulaires. Quelques-uns, notamment à Syros, représentent la navigation par des dessins schématiques de bateaux à proue surélevée, mus par des pagaies ou des rames, dont la poupe porte un emblème en forme de poisson. Cette forme de plats n’est pas limitée aux Cyclades : on la trouve en Eubée, en Attique, en Grèce continentale, avec des particularités propres. Même si l’on admet qu’il ait pu y avoir développement parallèle dans ces différentes régions, l’inspiration générale et l’influence semblent bien être venues des Cyclades.

UP


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3 Messages de forum

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  • 3 juillet 22:11, par yoruk écrire     UP Animateur

    ndlr  :

    parmi la maigre bibliographie traitant de l’architecture navale de cette période

    Le bateau type de Syros ( 2800-2200 av. J.-C.).
    Ces navires incisés sur des poëlons pourraient bien être les ancêtres des vaisseaux longs. La hampe de la poupe forme avec la coque un angle obtu de 110° à l’une des extrémités, tandis que l’autre extrémité semble se terminer par un éperon. Tous sont pourvus d’avirons (une trentaine en moyenne) certainement très courts (des pagaies). L’absence systématique de gouvernail, confirme cette impression.
    Peut-être peut-on les rapprocher des modèles en plomb de Naxos, du modèle de Palaikastro (Crète) et d’un tesson d’Orchomène en Béotie. Le fait de retrouver ces exemples dans des sites si divers, autorise à penser qu’il a connu un large développement. Ses caractéristiques amènent à y voir un produit issu d’une longue évolution.
    Le Musée National d’Athènes conserve 10 récipients en terre cuite, en forme de poëlons, provenant de l’île de Syros. Neuf d’entre eux portent incisé le dessin d’un navire, le dixième en porte deux. Ils se rattachent à la civilisation dite de Keros-Syros (2800-2200 av. J.-C.).
    Réf : Poëlons de Syros ( 2800-2200 av. J.-C.). (Musée National d’Athènes). L. Basch, n° 158-167.(Voir aussi : J. E. Coleman, « Frying panse » of the Early Bronze Aegean, AJA, LXXXIX, 1985, p.191)

    Répondre à ce message

    • 4 juillet 13:12, par yoruk écrire     UP     Ce message répond à ... Animateur

      Autre source réputée prestigieuse : celle de Christos Doumas, ancien directeur du site d’Akrotiri, et successeur du découvreur du site : Spyridon Marinatos.
      https://aristomenismessinios.blogsp...

      Comme on le sait, la mer est l’une des zones où les gens recherchent de la nourriture depuis l’ère paléolithique. Et la mer Égée ne fait pas exception. Le nombre toujours croissant de témoignages à mesure que l’enquête progresse le confirme etc... Toutes ces découvertes témoignent non seulement de l’intensité croissante des voyages en mer, mais aussi de l’amélioration progressive des navires au Néolithique

      .

      Malheureusement, les représentations de ces images ne nous sont pas parvenues aujourd’hui, de sorte que nous pouvons que deviner la forme, les matériaux de construction et éventuellement leur taille. Ce n’est qu’à titre expérimental que le papyrus a été testé par les égyptiens. La véritable évolution permettant d’entreprendre des navigations sur les routes de haute mer, ne venant qu’avec l’invention par les phéniciens de l’’assemblage « tenon/mortaise », et beaucoup plus tard
      Sans pour autant apporter de réponse à la question du marin contemporain : dans une mer hostile (Egée/Meltem) : où ces marins antiques mouillaient-ils leurs bateaux en sécurité.
      Je ne vois qu’une seule solution, que leur architecture, et leur poids permettent qu’on les tire sur une plage. Et, dans ce cadre les « routes pré cycladique » devaient suivre le chemin d’îles bien implantées en plages.

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      • 5 juillet 16:59, par yoruk écrire     UP     Ce message répond à ... Animateur

        Pour la construction des bordés en mode « tenon/mortaise » l’exemple montré, ici en copie jointe, pour la construction de la réplique de l’Argos de Jason, réplique commandée par Tim Severin, lui même ancien professeur d’archéologie à Cambridge.
        Il avait laissé faire un charpentier grec de Spetsai, qui garantissait construire selon les techniques ancestrales grecques. L’Argos original aurait été construit à Volos, en 1600 av JC, c’est à dire 1000 ans après l’époque traitée dans l’article sur Keros et le pré-cycladique.
        Cette technologie permettait d’affronter la haute mer...

        Réf ici sur le livre de Tim Severin : http://www.plaisance-pratique.com/L...

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